Qu’est ce qu’être bibliophile? Chercher, travailler, écrire, partager… Stanislas de Guaïta au programme du blog, par Frédérick C.

Amis Bibliophiles bonjour,
Chose promise, chose due. A partir de demain, le Blog du bibliophile vous entraîne dans un très beau voyage autour de l’histoire de la bibliothèque d’un grand bibliophile de la fin du XIXe siècle. L’histoire est passionnante, et la semaine entière y sera consacrée, un peu à la manière des feuilletons.
Qu’est ce qu’un bibliophile?

Vaste question, il faudrait (au moins) un blog et quelques années pour esquisser un semblant de réponse. Chacun à sa propre définition, et bien naïf celui qui pense détenir la vérité. Evidemment « celui qui aime les livres », c’est bien trop simple. Cosa mentale disait Pierre Bérès; on devine la névrose qui pointe son nez derrière ces deux mots.
On peut néanmoins apporter des bribes de réponse: s’écarter du bibliomane, ou de l’historien du livre, s’écarter de « l’entasseur », trouver des aménagements avec les libraires, passionnés du livre pour la plupart et/mais qui ont la chance de pouvoir vivre de cette passion… en creusant un peu on sait bien que cela n’est pas sans influencer ou impacter leur bibliophilie.

Et la bibliophilie change, au cours des siècles, et même à l’échelle humaine, au cours de la vie de chaque bibliophile. Hormis la passion qui nous anime depuis le premier jour, souvent inexplicable, on n’est pas le même bibliophile à 20, 30, 40 ou 70 ans.
Je n’ai pas de définition, seulement quelques pistes, certaines en forme de question d’ailleurs: combien d’heures par jour passez-vous à penser aux livres par exemple… Chacun alors pense à sa propre expérience.
Je crois aussi, mais c’est très personnel, que les bibliophiles ont des responsabilités, en particulier une responsabilité de conservation du patrimoine, essentielle, mais également la responsabilité de participer, à leur échelle, selon leurs possibilités, au développement et à la propagation de la connaissance des livres anciens, rares et précieux: celui-là écrira un blog, celui-ci un article, cet autre met ses livres à la disposition d’un musée ou d’une école pour une exposition, cet autre encore passera une vie à effectuer des recherchers sur un sujet, un auteur ou un éditeur, ce petit groupe enfin se constitue en société de bibliophiles, etc. Cette notion est centrale à mes yeux. Bien sûr elle n’exclue pas de la Bibliophilie ceux qui n’empruntent ce chemin, mais je crois que chacun peut reconnaître qu’un bibliophile qui partage ses connaissances, « oeuvre pour la cause », est un bibliophile un peu plus accompli que les autres.
Enfin, les bibliophiles les plus passionnants que j’ai croisés sont habités, animés par leur passion. Cosa mentale.
Mon ami Frédérick est l’un de ceux-là, il est animé d’une passion, d’une soif de connaissance et d’une envie de partage immenses. Quand il parle des livres, son visage s’anime, ses yeux s’éclairent, un sourire joyeux et enfantin anime son visage. J’ai passé de longues soirées à parler avec lui de livres, il est curieux de tout, même des sujets qu’il connaît moins. Parce que oui, voilà, Frédérick a ses sujets de prédilection, l’occultisme, la démonologie et l’ésotérisme en général. Il vous dirait cela mieux que moi. Frédérick traverse les frontières de l’espace (et presque du temps) pour aller dénicher un manuscrit inconnu chez un amateur discret, Frédérick construit (im)patiemment un grand oeuvre de bibliophile. Frédérick travaille aussi, il effectue des recherches, trouve de nouvelles sources, il participe à ce grand mouvement autour du livre.
Il y a quelques années, Frédérick m’avait confié un article sur Stanislas de Guaïta pour la Nouvelle Revue des Livres Anciens. Je reçois souvent des demandes de lecteurs ou de chercheurs concernant ce numéro, épuisé, et Frédérick me permet cette semaine de le diffuser plus largement, sur le blog.
Cette recherche fleuve, passionnante, vous sera présentée à partir de demain.


Mais qui est Stanislas de Guaïta? Voici ce qu’en dit wikipedia:
Né en Lorraine le 6 avril 1861 au château d’Alteville, près de Tarquimpol, Stanislas de Guaïta était issu, par sa mère, Marie-Amélie Grandjean, d’une famille lorraine, et par son père, François-Paul de Guaïta, d’une ancienne famille noble d’origine lombarde (Italie), établie en Lorraine depuis 1800. Il avait le titre de Marquis.
Dès le lycée à Nancy, vers 1880, il se lie d’amitié avec Maurice Barrès, qu’il fera adhérer plus tard au martinisme. La préface de l’une des éditions de Au seuil du mystère est d’ailleurs signée Maurice Barrès. L’Histoire ne dit pas si les deux hommes partageaient les mêmes convictions politiques : Barrès évolua en effet d’un esthétisme individualiste dont témoigne assez bien son « culte du Moi » à une mystique nationaliste et catholique de la Terre et des morts, centrée sur le patriotisme lorrain et républicain.
C’est dans les écrits de Peladan que Stanislas de Guaïta trouve sa première porte d’entrée dans l’univers de la Tradition. Par la suite la lecture de l’œuvre d’Éliphas Lévi, dont il se fera dès lors le commentateur et le thuriféraire, l’initie au mysticisme chrétien; Fabre d’Olivet l’oriente vers les grands mystères en général et vers la langue hébraïque; et Saint-Yves d’Alveydre le rallie à la cause synarchique. Papus, d’abord raillé par lui pour le choix de son pseudonyme, puis réhabilité, deviendra un grand ami.
À la lumière de toutes ces influences, Guaïta prôna un spiritualisme exaltant la Tradition chrétienne, qui, grâce à la mise en place éventuelle de la synarchie – forme de gouvernement idéale –, devait conduire à l’avènement du royaume de Dieu. En 1888, dans le même esprit, il fonde avec Péladan l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, dont fit aussitôt partie Papus. Parmi les membres on relèvera des noms passés plus tard à la postérité comme Erik Satie et Claude Debussy ou encore le banquier des artistes, Olivier Dubs.
En 1893, l’ordre de Guaïta fut attaqué par Huysmans, qui l’accusa d’envoûter à distance l’ex-abbé lyonnais Joseph-Antoine Boullan. Des duels s’ensuivirent ; Huysmans et Jules Bois s’opposèrent à Papus et à Guaïta.
Stanislas est alors ce jeune poète dans le goût baudelairien à qui Mendès venait de révéler Éliphas Lévi, écrit Alain Mercier dans Les Sources ésotériques et occultes de la poésie symboliste, 1870-1914 (1969). Mais Mercier ajoute que Guaïta poète (Les Oiseaux de passage, 1881; La Muse noire, 1883; Rosa mystica, 1885) « par son classicisme de forme et d’écriture, est plus proche des parnassiens que des symbolistes, si bien qu’il y eut en lui deux êtres distincts : l’hermétiste aristocrate et généreux d’une part, le poète tourmenté et inquiet d’artifices d’autre part ». Pour information, Rosa mystica est disponible à la Bibliothèque Universitaire de la faculté de Lettres de Nancy 21, en édition originale.
Intoxiqué par les stupéfiants, l’homme mourut prématurément, le 19 décembre 1897, à l’âge de 36 ans. Il fut inhumé au cimetière de Tarquimpol. Certains ont prétendu qu’il avait succombé à ce que l’on appellerait de nos jours une overdose, mais cette thèse est démentie par la famille. Il semblerait plutôt qu’il ait été emporté par de graves problèmes rénaux. Cependant, on ne peut exclure que l’écrivain, en proie à la souffrance, et sentant sa fin proche, ait pu avoir massivement recours à la cocaïne et peut-être à d’autres produits comme l’héroïne.
« La Coca, comme le Haschich, mais à d’autres titres, exerce sur le corps astral une action directe et puissante; son emploi coutumier dénoue, en l’homme, certains liens compressifs de sa nature hyperphysique, – liens dont la persistance est pour le plus grand nombre une garantie de salut. Si je parlais sans réticences sur ce point-là, je rencontrerais des incrédules, même parmi les occultistes. Je dois me borner à un conseil.– Vous qui tenez à votre vie, à votre raison, à la santé de votre âme, évitez comme la peste les injections hypodermiques de cocaïne. Sans parler de l’habitude qui se crée fort vite (plus impérieuse encore, plus tenace et plus funeste cent fois que toute autre du même genre), un état particulier a pris naissance. » (Le Serpent de la Genèse, première septaine, chap. V : L’arsenal du sorcier).
H

La lettre du bibliophile

Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.

Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.

À lire ensuite

Un parcours de bibliophile: être bibliophile, être bibliomane, chasser, devenir blasé, ou plus exigeant, revendre et finalement ne garder que 15 livres…

Un parcours de bibliophile: être bibliophile, être bibliomane, chasser, devenir blasé, ou plus exigeant, revendre et finalement ne garder que 15 livres…

Amis Bibliophiles bonsoir, Etre bibliomane, être bibliophile, se mettre à raisonner en fonction de la valeur de sa bibliothèque, ne vivre pour la chasse et poursuivre les livres comme des chimères, « gambler » pendant les ventes aux enchères… acheter, délaisser, revendre, se recentrer et finalement se « satisfaire » d’une bibliothèque de 15 ouvrages. Henry Houssaye décrit le parcours de bien des bibliophiles dans ce texte paru dans Le Livre, Bibliographie rétrospective, 4ème année.  Qui ne s’y reconnaît pas? Nous sommes tous un jour, je le crois, passé par l’une des ces étapes… mais aurons-nous la sagesse de se contenter un jour d’une quinzaine de livres? « Sans doute, au nombre des railleries auxquelles sont en butte les bibliophiles, il en est de bien fondées. L’amour des livres est une passion, et, comme toute passion, il a ses écarts et ses égarements. Mais cette passion, qui dégénère parfois en folie, qui donne les émotions du jeu dans les ventes publiques, les émotions de la chasse chez les bouquinistes, et qui, il le faut bien reconnaître, est souvent une des formes de l’avarice — le collectionneur ne se complaît-il pas dans la valeur vénale de sa collection et ne la proclame-t-il pas ? N’appréhende-t-il pas une baisse des livres qui déprécierait les siens, encore qu’elle lui permît d’acquérir à bon compte ceux qu’il convoite ? — cette passion, disons-nous, a une base rationnelle, une origine bien estimable ; cette passion est élevée, car elle a pour fondement l’amour des lettres.  Voici, en effet, comment on devient bibliophile. Nous parlons de l’élite, nous parlons aussi du grand nombre, nous ne parlons pas des exceptions. Nous n’avons point à nous occuper des gens qui s’improvisent un beau matin bibliophiles par genre ou par ennui, et qui créent une bibliothèque en six mois à grands coups de billets de banque.  On commence par aimer les livres uniquement pour ce qu’ils sont. On lit les chefs-d’œuvre et les demi-chefs-d’œuvre dans des volumes à trois francs, voire même à un franc. On les relit, on se promet de les relire encore. Pour conserver, et aussi pour honorer ces livres, on les fait relier, — très mal d’abord ! Ces humbles volumes sont le noyau de la bibliothèque. Puis on s’arrête devant l’étalage des bouquinistes en plein vent. On trouve là quelques livres anciens, intéressants, qu’on n’avait pas lus. On les achète. On a déjà deux ou trois cents volumes sur ses rayons. Si l’on continue ainsi, on aura la bibliothèque d’un lettré, — celle d’un érudit, au cas où l’on s’attacherait à une spécialité. Si, au contraire, on est prédestiné, marqué pour la bibliophilie, une transformation s’opère. On ne s’en tient plus aux parapets des quais, on entre chez les libraires en boutique, on fait de longues haltes devant les vitrines rutilantes des grands bouquinistes des passages, on pénètre timidement dans ces terres promises, on va aux ventes, on lit les catalogues et les manuels, on demande des conseils que l’on suit plus ou moins. On fait bien des écoles ; on achète à tort et à travers, et sans y regarder de trop près, les Elzeviers rognés à la marge, les poètes du XVIe siècle roussis et piqués, les prosateurs du XVIIe siècle outrageusement lavés, les livres à figures de second tirage, les gothiques incomplets, les romantiques maculés, les maroquins anciens à coiffes brisées, à coins écornés, à plats éraillés, les reliures armoriées salies ou remboîtées. Peu à peu pourtant, le goût se forme et s’épure. On possède par hasard quelques exemplaires irréprochables; on les compare avec ses autres livres et l’on devient tout confus.  On se débarrasse des volumes qu’il y a un an encore on considérait comme joyaux inestimables, on devient difficile, on n’achète plus qu’à bon escient. Mais en même temps que le goût se raffine, il dévie. La curiosité se mêle à l’amour du livre. On achetait jadis les livres pour les lire, on les achète pour les posséder. On voulait un bon texte dans une belle édition, ornée de belles gravures, et dans un bel exemplaire revêtu d’une belle reliure. On ne demande plus que la belle édition, les belles gravures, le bel exemplaire, la belle reliure ; pour le bon texte, on n’en a cure. La passion de la typographie des Elzeviers qu’on a prise dans le César de 1635 ou dans le Régnier de 1642, entraîne à acheter la Description d’Amsterdam en vers burlesques ou le Pastissier français ; le goût pour les figures d’Eisen qu’on a pris dans les Contes de La Fontaine, met en honneur toute une classe de méchants poètes et en tête le fade Dorât. Les armes du comte d’Hoym sont sans prix sur un Molière ou un Pascal ; mais on ne les recherchera guère moins si elles brillent sur les plats de la Clotilde, de Boyer, ou de l’Usage des Passions du Père Sénault. C’est la folie qui commence. On achète désormais selon l’occasion, avec goût, mais sans méthode et sans plan. On a les neuf éditions sacramentelles de La Bruyère dans la plus magnifique condition. Mais on n’a point un seul La Rochefoucauld, parce qu’on n’en a point encore trouvé un qui parût digne de la bibliothèque d’un véritable amateur! Passe encore que les pauvres diables, dévorés de la passion des livres et plus riches de désirs que d’argent, prennent l’ombre à défaut de la proie. On conçoit que ceux-là se contentent d’Eisen dans le marquis de Pezaï, — ils ne peuvent l’avoir dans La Fontaine — et qu’ils soient tout heureux du mouton de Longepierre sur un Pradon, puisqu’ils ne sauraient le posséder sur un Racine. Mais les autres, les grands bibliophiles, les providences des libraires et les rois des ventes publiques, ne devraient-ils pas remonter à la véritable source de leur passion, l’amour du livre pour sa valeur littéraire ?   Le vrai luxe, le luxe suprême, le luxe poussé jusqu’à l’insolence, ce serait de n’avoir dans sa bibliothèque que les livres qu’on y aurait en in-12 à trois francs, reliés en demi-veau, si l’on était un simple lettré, et d’avoir ces livres-là dans les éditions les plus belles et les plus rares, dans les exemplaires les plus irréprochables, dans les reliures les plus riches et les plus curieuses.  Nous avons rêvé cette bibliothèque. Nous en donnons un aperçu dans une de ses divisions : Les poètes latins anciens :  POÈTES LATINS ANCIENS:  1. T. Lucretius. De rerum natura. S. /. n. d. (Brixiae, circà 1473).  In-fol. ; maroq. brun à comp. or et couleur, doublé de maroq. rouge. Armes du duc d’Aumale à l’intérieur; tr. dor. {Trautz-Bauzonnet). Édition princeps; un des trois exemplaires connus. (Bibliothèque de Mgr le duc d’Aumale.)  2. Publii Virgilii maronis OPERA. Lugduni, apud Stephanum Doletum, 1540. In-8; maroq. rouge, comp. à entrelacs, tr. dor. (Lortic). Édition imprimée chez Etienne Dolet, d’une extrême rareté, non citée au Manuel du Libraire. (Bibliothèque de A. Firmin-Didot.)  3. Q. Horatii Flacci OPERA. Londini, Tabulis œneis incidit Johannes Pine, 1733-1737. 2 vol. in-8°, texte gravé; fig. ; maroq. citron, à incrustations mosaïques de maroq. bleu, rouge et vert représentant des fleurs, tr. dor. (Derôme). Premier tirage. (Bibliothèque de J.-Ch. Brunet.)  4. Catullus, Tibullus, Propertius. Jos. Scaliger recensuit. Lutetiœ, apud Mamertum Patissonium, 1577,2 parties en i vol. in-8*»; maroq. vert, à comp. de volutes, de rinceaux et de feuillage, tr. dor. {Reliure du XVIe siècle). Exemplaire en grand papier, aux premières armes de J.-A de Thou. (Bibliothèque de M. E. Quentin-Bauchart.)  5 P. Ovidii Nasonis, Fastorum libri VI, Tristium libri V, de Ponto libri III, etc. Venetiis in œdibus Aldi et Andreœ Socerij i5i6. In-8; maroq. bleu foncé, fil. et fleurons, tr. dor. [Reliure du XVIe siècle]. Exemplaire de Marc Laurin, seigneur de Watervlied. Le plat recto de la reliure porte sa devise : Virtus in arduo, et le plat verso les mots : M, Laurini et amicorum. (Bibliothèque de Mgr le duc d’Aumale.)  6. Les Métamorphoses d’Ovide, en latin et en françois, de la traduction de M. l’abbé Banier. Paris, Hochereau; 1767-1771 – 4 vol. in-4; Fig. de Boucher, Eisen, Moreau, Choffart, etc., etc.; maroq. rouge, fil. tr. dor. [Derôme], Un des 12 exemplaires en grand papier. (Bibliothèque du baron James de Rothschild)  7. Phadri Aug. Liberti, fabularum œsopiarum, libri V. Notis illus- travit David Hoogstratanus. Amstelaedami, ex typographiae Francisci Halmae, 1701. In-4 »; fig. en médaillons; maroq. rouge, fil. tr, dor. [Anguerran], Exemplaire en grand papier. (Bibliothèque de M. Lebœuf de Montgermont.)  8. Juvenalis, Persius. Aldus 1535, In-8; veau brun, à comp. d’entrelacs, tr. dor. [Reliure du XVIe siècle]. Exemplaire de Grolier, avec sa devise Grolieri et amicorum sur le plat recto de la reliure, et sa signature au bas du dernier feuillet du volume. (Bibliothèque de M. Eugène Paillet.)  9.. Lucanus. Romae [Sweyhheym et Parmartz) 1469. In-fol.; maroq, brun, à comp. en mosaïque, doublé de maroq. rouge, à comp. tr. dor {Cape). Édition princeps. (Bibliothèque de Mgr le duc d’Aumale.)  10. Statu opera. Lugduni, Seb. Gryphius, 1547. In-16; maroq. vert, fil. tr. dor. (Reliure du XVIIe siècle). Aux armes du comte d’Hoym. (Bibliothèque de M. le marquis de Faletans.)  11. M. V. Martialis, epigrammatum libri XIV. Lugduni, in œdibus Joharnis Moylin, 1522.In-fol. gothique; fig. sur bois; maroq. rouge, fil. tr. dor. (Ancienne reliure). (Bibliothèque du marquis de Morante.)  12. Ausonii Opera, R Th. Pulmanno in meliorem ordinem restituta. Antuerpiœ, Chr. Plantinus, 1568. In-16; maroq. rouge, comp. de fil. au pointillé , tr. dor. (Le Gascon). (Bibliothèque de M. H. H.)  13. M. Acci Plauti comoediae, ex recensione J. F. Gronovii. Lugduni, Batavorum ex officind Hackiana, 1664. 1 tome en deux vol. in-8; front, gr. maroq. bleu, fil. tr. dor. (Pasdeloup). Exemplaire de Longepierre, avec les insignes de la Toison d’Or sur le dos et aux coins de la reliure. (Bibliothèque de M. Robert S. Turner.)  14. Pub. Terentii comoediae, ex recensione Heinsianâ. Lugd. Batavorum, ex officina Elzeviriana1635. In-12; front, gr. maroq. rouge; fil. doublé de maroq. rouge, dent. tr. dor. (Boyet). (Bibliothèque de M. le baron Roger Portails.)  15. L. Annei Senecae Tragoediae. (in fine) Impressum Venetiis per Bernardinum de Vianis de Lexona, Vercellensem, 1522. In-fol.; fig. sur bois; maroq. rouge, fil. tr. dor. (Reliure du XVIe siècle). Exemplaire aux armes du prince Eugène de Savoie. (Bibliothèque de A. Firmin-Didot.)  Il n’y a là que quinze ouvrages, mais ces livres-là sont de ceux qu’on ne se lasse point de relire. Ce catalogue de quinze numéros seulement comprend deux incunables des plus rares, une impression gothique, deux Aldes, un Etienne Dolet, un Mamert Patisson, un Gryphe, un Plantin, un Elzevier, un Hack, deux belles éditions du temps de Louis XV, des livres à figures des XVI, XVII et XVIIIe siècles. Ces quinze volumes ont été reliés à l’époque de la Renaissance par des artistes lyonnais et parisiens, ou plus tard par Le Gascon, Boyet, Anguerran, Pasdeloup, Derôme, Trautz-Bauzonnet, et ils portent les armes ou la devise de Grolier, de Laurin, de J.-A. de Thou, du prince Eugène de Savoie, de Longepierre, du comte d’Hoym, du duc d’Aumale. C’est toute la poésie latine, et c’est en même temps la synthèse de l’histoire de l’imprimerie, de la gravure et de la reliure; c’est une des plus glorieuses pages de l’armorial des grands amateurs de livres. Quelle jouissance pour l’esprit, quelle joie pour les yeux, quel contentement au cœur du bibliophile !  Henry Houssaye.
Le Livre, Bibliographie rétrospective, 4ème année. »

1 Commentaire

  1. Bien que non-bibliophile, je suis collectionneur et pour tout dire hélixophile. Et j'aime beaucoup cet article.
    Les interrogations qu'ils contient dans sa première partie rejoignent les miennes.
    Vous pouvez retrouver ces interrogations dans un article publié sur mon blog : Le blog des tire-bouchons
    http://tire-bouchons.blogspot.fr/
    paru le 170713 sous le titre :
    DES LIMITES D'UNE COLLECTION : LE COLLECTIONNEUR VITRINE ET LE COLLECTIONNEUR PLACARD.
    Mais il faudrait encore approfondir et penser syllogomanie et syndrome de Diogène…
    Marc

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.