Connaissance de la reliure: Les reliures du XVIe siècle à décor de grands motifs centraux et écoinçons azurés sur semé

Amis Bibliophiles bonjour, Les reliures du XVIe siècle à décor de grands motifs centraux et écoinçons azurés sur semé apparaissent vers 1560 et prospèrent jusque vers 1590. Dans un encadrement de trois filets « à l’ancienne » (c’est-à-dire de trois filets courant sur les bords des plats dont deux sont rapprochés) sont poussés au balancier et dorés un grand fer central et quatre motifs en écoinçons.  Reliure Catalogue Sourget n°10 Ces motifs à type de rinceaux  présentent un fond azuré. C’est-à-dire qu’en termes d’héraldique le fond est occupé par de petits traits horizontaux. Le grand motif central est souvent évidé en son centre, dessiné en cartouche à médaillon ovale. Le fond du décor est occupé par un semé doré. Le motif du semé varie beaucoup, on rencontre tour à tour  étoiles, fleurs de lys, mouchetures d’hermine, besants, fleurettes, trois petits points, etc. Il arrive que ce décor soit utilisé sur un livre de grand format et que le relieur occupe la surface périphérique d’un grand encadrement de motifs dorés. Reliure Catalogue Esmerian
Reliure Catalogue vente Wittock 7 octobre 2005 Ce type de décor est tantôt qualifié de reliure  lyonnaise, tantôt de  reliure parisienne, sans que l’une ou l’autre des appellations ne soit plus convaincante.  On explique parfois que ce style de décor aurait pu essaimer depuis Lyon. Le catalogue Esmerian qualifie sans hésiter une de ces reliures à rinceaux un peu arabisants de « reliure parisienne de style oriental ». Lauverjat PS: Je suis un peu fatigué, un peu à court d’idées, un peu en vacances, le blog va donc prendre un rythme estival dans les prochaines semaines, en attendant qu’envie et inspiration reviennent…  Hugues

La lettre du bibliophile

Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.

Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.

À lire ensuite

Les fausses reliures peintes des XIIIe et XVe siècles de l’italien Icilio Federico Joni (1866 – 1946)

Les fausses reliures peintes des XIIIe et XVe siècles de l'italien Icilio Federico Joni (1866 – 1946)

Amis Bibliophiles bonjour,

Lorsque l’on évoque le faux en bibliophilie, on pense généralement aux manipulations effectuées au niveau du papier, des pages, des gravures, d’un envoi, à la recomposition d’un exemplaire complet à partir de plusieurs incomplets, voire dans le cas de la reliure, à un réemboitage qui ne serait pas signalé, ou à de fausses armes… mais on pense moins souvent aux fausses reliures elles-mêmes.

Et pour cause, compte-tenu des efforts que demande une reliure d’artiste, un faux, pour être crédible aux yeux des experts, demanderait une telle expertise et une telle quantité de travail, que le retour sur investissement ne serait pas garanti. Quel serait pour le faussaire l’intérêt d’un faux demandant les mêmes qualités que celles d’un artiste du livre, avec en plus le risque de se faire démasquer. La reliure d’art est une discipline trop technique, et qui demande trop de temps pour se prêter à une contrefaçon lucrative.

Il existe pourtant un exemple récent de faux en reliure, aux frontières de la bibliophilie, ce qui explique le succès que cette entreprise de contrefaçon a rencontré.

Le faussaire, Icilio Federico Joni (1866 – 1946), est un peintre italien de la ville de Sienne. Abandonné à sa naissance et confié à l’hôpital des enfants abandonnés de Santa Maria alla Scala. Très jeune, il se passionne pour la peinture italienne du XIIIe au XVIIe siècles et il va tirer profit du développement du marché international des antiquités pour produire et vendre, à l’aide de complices, des faux d’oeuvres des peintres primitifs italiens du XIVe et XVe siècles.

Il cible particulièrement des grand collectionneurs étrangers, souvent américains, qui sont, eux et leurs experts, bluffés par la qualité des oeuvres de Joni; ainsi les collectionneurs Wilmerding et Berenson, ou le grand bibliphile américain Robert Hoe.

Si Joni réalise en effet des tableaux inspirés des maîtres italiens di Buoninsegna, Pietro Lorenzotti ou Beato Angelico par exemple, il se consacre aussi à la production de reliures peintes sur ais de bois, inspirées de celles employées sur les livres de comptes de la ville de Sienne du XIIIe au XVe siècle. Son succès et sa « crédibilité » réside dans le fait que Joni ne tente pas de reproduire les reliures de Marius Michel, Padeloup ou Le Gascon, mais capitalise bien sur son talent d’artiste peintre pour proposer ces reliures à la frontière de la bibliophilie et de l’art pictural.

De ce travail va naître une série de fausses reliures peintes, dont on connaît aujourd’hui une quinzaine d’exemplaires (cf. M. Foot, A Pair of Bookcovers of the late 19th Century by I.F. Joni, The Bookcollector, 1985).

Il faut avouer que même si l’on sait désormais qu’il s’agît de faux, leur qualité les rend très désirables.

Icilio Federico Joni avoua la supercherie dans ses mémoires parues en 1932, da Le Memorie di Un Pittore di Quadri Antichi. On imagine alors le scandale et la mine déconfite des experts et autres antiquaires qui avaient joué les intermédiaires entre les complices de Joni et les collectionneurs.L’histoire retiendra que ses toiles et reliures sont aujourd’hui très recherchées et figurent souvent dans de grands musées, la petite histoire, elle, retiendra que Joni signait ses oeuvres de l’acronyme PAICAP, littéralement Per Andare In Culo Al Prossimo, que je vous laisse le soin de traduire, mais qui est évidemment un pied de nez aux experts et aux grands amateurs.

H

6 Commentaires

  1. je l'avais vue aussi. Assez géniale. J'aimerais bien savoir d'où il tire ses intéressantes informations

    J'en profite : manque la partie US et UK sur encheres bibliophiles 😉

  2. Je n'ai pas pu résister, je vous présente la perle eBay du moment :
    http://www.ebay.fr/itm/1549-SIGNE-DATE-DU-PERE-DANIEL-RECIPIT-EOS-TRA-RARE-INTROUVABLE-TOUT-EN-LATIN-/261566584404?pt=FR_GW_Livres_BD_Revues_LivresAnciens&hash=item3ce6955654

    Un bon moment de rigolade :
    – "manuscrit imprimé" … "à New-York"
    – le vendeur n'arrive même à lire le titre
    – un "américain anonyme" a acheté ce live 21000€ en salle de vente (ouarf)
    – sa "cote" (sic) est évalué à 5000€
    – "quelque trou de mite mais reste lisible à plus de 80%" (!)
    – très bonne affaire
    – le top : "débutant novice curieux ne pas enchérir car aucun remboursement ne sera fait"

  3. Bonjour, je souhaite poster une demande très particulière sur ce blog mais je ne trouve pas comment faire. Auriez-vus l'amabilité de me dire si cela est possible ? Bien cordialement, Alain

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.