Les délicats envois et les trèfles à quatre feuilles de Louise de Vilmorin

Amis Bibliophiles bonsoir, L’un des plaisirs de lire un blog ami comme celui de Pierre (http://livresanciens-tarascon.blogspot.fr/) est que sa lecture fait parfois écho à des livres auxquels on ne pense plus, dans sa propre bibliothèque.  Nous avons tous de ces livres, acquis au nom de goûts anciens, au hasard d’un lot, d’une passade. Si nous continuons de les aimer, ils s’effacent peu à peu, sont de ces livres que l’on prend moins souvent en main.  L’article de Pierre consacré à L’alphabet des aveux de Louise de Vilmorin a fait naître cet écho lointain en moi et je me suis souvenu que le hasard avait un jour placé deux de ses livres sur ma route. Ils étaient là, quelque part. Je me souvenais d’ailleurs vaguement qu’ils avaient un petit quelque chose en plus. Il ne fût pas difficile de retrouver ces deux ouvrages, assez loin de ma bibliophilie habituelle, pour constater que oui, ils avaient une petite chose en plus: de nombreuses lettres glissées entre les pages, adressées à Claude Bénédick, ancien Secrétaire Général de la Comédie Française.  Les lettres sont amusantes et témoignent d’une probable amitié très profonde entre Louise de Vilmorin et Claude Bénédick, et elles présentent également une petite fantaisie: je ne sais si c’est parce que Louise de Vilmorin était héritière d’une famille de grainetiers mais elle avait l’habitude d’agrémenter ses envois et ses courriers de jolies petites fleurs, ou plutôt de trèfles à quatre feuilles. Des trèfles à quatre feuilles comme celui qui est évoqué dans la deuxième illustration de l’article de Pierre. En voici quelques exemples. 
 L’envoi lui même, sur Julietta, est très intéressant: adressé à Claude Bénédick, agrémenté d’un trèfle à quatre feuilles, Louise de Vilmorin y raconte la genèse de son ouvrage le plus connu « Madame de. ». C’est en corrigeant Julietta et en partageant ses impressions avec Duff Cooper, son amant, qu’elle eu l’idée de « Madame de ».  Un article conduit à un livre, ils se retrouvent autour d’un trèfle et conduisent à un autre ouvrage. C’est aussi cela la bibliophilie. H

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Stephen Carrie Blumberg : bibliophile et bibliokleptomane…

Stephen Carrie Blumberg : bibliophile et voleur de haut vol…

Amis Bibliophiles bonjour,
Bibliophile, bibliomane, bibliokleptomane, y-a-t-il plus d’un pas entre ces différentes étapes ?Stephen Carrie Blumberg était assurément les trois. Voici l’histoire du plus grand voleur de livres de l’histoire, ramenant l’exécrable Libri au niveau d’un simple pickpocket…

Comme nous tous, Blumberg avait un domaine de prédilection, un thème pour sa bibliothèque, le sien était simplement que tous ses ouvrages avaient été volés. Et lorsque la police de l’Iowa est venue l’arrêter le 20 mars 1990, il avait réuni près de 24 000 livres en une vingtaine d’années, tous volés.

Le FBI mît deux jours entiers et mobilisât 17 personnes pour sortir près de 900 cartons de livres de la maison de Blumberg, soit près de 24 000 livres au total.

Mais qui était Blumberg ? Le personnage est complexe et il faut se garder des jugements hâtifs. Ainsi à la différence de Libri, il est évident que Blumberg était bibliophile, dans la mesure où il n’a pas dérobé ces livres pour les revendre, mais bien parce qu’il nourrissait à leur égard une passion démesurée. D’ailleurs, en bon bibliotaphe (personne qui refuse de montrer ou de prêter ses livres), il les préservait du regard d’autrui et en jouissait seul, dans sa maison de 17 pièces. Il était également un lecteur compulsif des ouvrages ainsi dérobés. Enfin, Blumberg était l’héritier d’un famille aisée et bien que la valeur totale des livres volés avoisinât les 8 millions de dollars, il n’en a pas revendu.

En fait, ce qui est caractéristique de Blumberg, c’est qu’il n’est pas un simple bibliophile se mettant au vol pour satisfaire ses pulsions, mais plutôt qu’il est à la base un voleur de génie (le FBI le qualifiera par exemple de serrurier virtuose) dont le talent va croiser la passion, avec les conséquences que l’on sait.

Chez lui, les autorités découvrirent ainsi les plans de nombreuses bibliothèques américaines, des catalogues de collections, ainsi que l’arsenal nécessaire à un Arsène Lupin de haut vol (mais pas d’arme). Il est intéressant de constater que Blumberg aurait pu employer son talent au vol de bijoux, de diamants ou d’autres objets précieux, mais qu’il « choisit » les livres… pour pouvoir les lire, et les posséder.
Son but était vraiment de se les approprier, et il a d’ailleurs enlevé toutes les marques de propriété, rendant l’identification des ouvrages extrêmement difficile (en fait, l’inventaire a donné lieu à la rédaction d’un catalogue dans lequel les anciens propriétaires étaient invités à reconnaître leurs livres). Blumberg agissait différemment selon les cas, soit il se laissait enfermer dans une bibliothèque, soit il se faisait passer pour un enseignant d’une université.

Il est cocasse (ou pathétique) de constater que de nombreuses bibliothèques n’avaient même pas découvert que des livres manquaient dans leurs rayonnages.

Finalement, j’ai infiniment plus de tendresse pour Blumberg que pour Libri. En effet, il est clair que le premier est « prisonnier » de sa passion quand le second n’est qu’un vulgaire escroc. D’ailleurs, quand un enquêteur du FBI demanda à Blumberg ce qu’il éprouvait en voyant ainsi sa maison vidée de ses livres, notre Arsène Lupin du jour répondit, je vois le « squelette de ma vie ».

Paradoxalement, on pense que l’action de Blumberg a finalement rendu service à de nombreuses bibliothèques américaines, qui ont fini par prendre conscience de la faiblesse de leurs systèmes de sécurités, qui furent alors considérablement renforcés.

H

L’histoire de Stephen Carrie Blumberg a été retracée dans une fiction télévisée de la chaîne CourtTV, appelée Masterminds (voir image).

9 Commentaires

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  3. c'est une bonne idée, ça, le placement dans les lettres et manuscrits ! mais il faudrait se mettre à plusieurs, mutualiser, avoir une structure,créer un musée pour présenter les pièces… Vite, que quelqu'un de sérieux s'y mette !

  4. Ce qu’il manque à mon petit Alphabet des aveux, ce sont une ou deux petites lettres de l’auteure, comme pour votre exemplaire. L’envoi de lettre est un bon placement ou, en tout cas, est en voie de l’être… Pierre

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