Promenade de bibliophile: Heidelberg, sur les pas de Goethe, Victor Hugo ou Hölderlin. L’exposition Punkt, Punkt, Komma, Strich. Zeichnen zwischen Kunst und Wissenschaft (1525 – 1925)

Amis Bibliophiles bonjour,
Heidelberg est l’archétype de la cité romantique allemande où  l’effervescence estudiantine croise les pas de Goethe, de Victor Hugo  et de  Friedrich Hölderlin.
Vue de la rive droite du NeckarSon université possède une bibliothèque réputée, l’Universitätsbibliothek. Le bâtiment néo- Renaissance édifié en 1905 est impressionnant et bourdonne d’activité. 
 Bibliothèque de l’Université
La bibliothèque est riche d’un fond ancien dont le codex Manesse, manuscrit médiéval de chants est le plus célèbre ornement. Cette bibliothèque propose,  jusqu’au 14 février 2016, une exposition intitulée Punkt, Punkt, Komma, Strich.  Zeichnen zwischen Kunst und Wissenschaft (1525 – 1925). (Point, point, virgule, trait- dessiner entre art et science).
La figure de la page de droite sert d’illustration à l’expositionL’exposition présente par thèmes (architecture, techniques de la perspective et du dessin, anatomie, zoologie, portraits, botanique, paysages, ornements,…), un grand nombre de livres à gravures. Parmi ceux-ci, la production française de la Renaissance à nos jours est bien représentée. L’entrée est gratuite mais fermée les jours fériés.


Ailleurs dans la ville le petit musée de l’église des Jésuites présente ses missels, rituels et autres volumes dont un minuscule de moins d’un centimètre et une reliure estampée du XVIe siècle. Le musée de la ville expose deux  leporello-médaille (cf article du Blog: http://bibliophilie.blogspot.fr/2015/10/aux-frontieres-de-la-bibliophile-les.html), le musée d’ethnographie présente plusieurs livres de prière bouddhistes ainsi que leur coffret-bibliothèque et une belle collection de corans. Hélas, ni l’un ni l’autre ne tolèrent les photographies.
En ville trois ou quatre librairies me semblent commercialiser des livres anciens même si leur activité principale reste le livre d’occasion. Sur la Hauptstrasse la librairie Hatry propose quelques vitrines où apparaissent des titres en français.  

Dans une rue piétonne (Neugasse),  Antiquariat Kulbach, assez peu fournie en livres antérieurs à 1800, propose des gravures anciennes encadrées dont des ex-libris. Le libraire de la Heiliggeiststrasse visiblement intéressé et compétent venait de recevoir des ouvrages XVIIIe français, brochés de littérature et d’histoire ainsi qu’un manuel d’imprimerie allemand en deux tomes relié en un volume.
Une petite ville fort attrayante donc.
Ich hab’ mein hertz in Heidelberg verloren.
Lauverjat

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Des formats et de leur évolution…

Des formats et de leur évolution…

Finalement, aujourd’hui, on peut mettre tous les ouvrages d’une bibliothèque sur un support numérique qui rentrerait dans une poche… Quelle évolution!

D’une certaine façon, c’est une parabole autour de l’évolution des formats connue par le Livre, et en particulier par le Livre Ancien, enfant chéri des bibliophiles.

J’ai déjà parlé dans un message des différentes appellations données au format (in-folio, in-4, in-12, etc.) des livres, mais sans réellement m’attacher à l’évolution de ces formats au fil du temps.

Au fil de mes lectures, j’ai lu plusieurs fois que pour le Livre ancien, en ce qui concerne les formats, tout a changé en 3 ou 4 siècles, avant que ne soit adopté le format qu’on lui connaît la plupart du temps aujourd’hui.

A l’origine, au Moyen-Age par exemple, le livre est un objet sacré, ou au moins sacralisé… Et d’une certaine façon sa rareté, sa valeur et le travail qu’il exige, justifient la taille qu’on lui donne alors le plus souvent, à savoir des in-folio, qui sont conservés à plat dans les scriptoriums et les bibliothèques, voire sur des lutrins (la physionomie des bibliothèques elles même évoluera d’ailleurs aussi significativement, de fait).

Jusqu’au 17ème, le livre (dans son format in-folio) est un signe de pouvoir, il est « monumentalisé », et n’est pas réellement pensé pour le lecteur, pour l’individu : peu aisé à transporter, encombrant, lourd, fragile, etc. Aussi il voyage peu, et son univers est statique : nombre de lecteurs limité, déplacements limités.

A partir du fin du 17ème siècle les choses changent, on commence enfin à voir apparaître des formats de taille in-8 ou plus petits, et si les grands formats perdureront un temps pour des raisons diverses, dont notamment la beauté des figures, le mouvement sera dès lors irrémédiable…

Les Elzevier, qui avaient lancé leurs petits formats pour des raisons d’économie furent bien sûr les précurseurs. Mais au 18ème, la tendance devient générale, et c’est le format in-12 qui s’impose très majoritairement, voire des formats encore plus petits, comme les Cazins.

Economie, société dans laquelle les idées s’échangent plus rapidement peut-être, mais aussi « démocratisation » de la lecture, et surtout nouvelles habitudes de lecture. En fait, avec le 18ème, le livre commence enfin à être pensé pour le lecteur.

La lecture devient personnelle, intime, et non plus rituelle et devant un auditoire comme quelques siècles auparavant, le lecteur même se déplace avec ses livres : il voyage, il les offre, il les lit dans les salons, il les revend… La vie de l’objet elle-même se fluidifie en fait, et justifie ces nouveaux formats, infiniment plus pratiques.

Pour ma part, même s’il me serait évidemment difficile de résister à un bel in-folio… je préfère les petits formats, notamment in-12 et in-8, probablement parce que je suis avant tout un lecteur (même les in-4 sont parfois un peu embarrassants je trouve, même si leur « noblesse » est évidente). Aussi, et comme nous tous, je pense, j’ai une relation très personnelle avec mes livres, et même s’il est difficile de transcrire cela en mots… cette intimité s’exprime plus volontiers avec ces petits formats maniables… qui souvent d’ailleurs n’ont rien à envier à la qualité des grands formats.Pour tout vous avouer, je pense que les livres in-folio qui sont dans ma bibliothèque, dont un sublime Racinet… sont ceux que j’ouvre malheureusement le moins souvent…Quoi qu’il en soit, je trouve que cette évolution du format des livres est vraiment intéressante… le passage du livre monumental à l’objet intime, évolution culturelle et historique qui se reflète dans les formats… Intéressant, non?

Et pour vous? La taille compte?

🙂

H
Images : un moine au travail, et une étudiante travaillant sur deux elephant-folio… pratique, non?

95 Commentaires

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