Amis Bibliophiles bonjour,
C’est une bien belle vente qui se tiendra à Chartres (Ivoire – Galerie de Chartres – Lelièvre, Maiche, Paris), le 14 octobre 2017.
Je vous laisse le plaisir de découvrir le catalogue, mais je souhaitais partager ici avec vous l’un des lots, un superbe étui de livre d’heures de la fin du XVe siècle.

Il est décrit comme suit au catalogue:
Étui de livre d’heures Renaissance en cuir repoussé et ciselé fin XVe siècle
Taille: 20 x 17,5 x 8 cm
Composition et Technique: L’intérieur de l’étui est réalisé en cuir, mis en forme, cousu et durci et constitue l’âme de la forme. C’est sur cette forme rigide et épaisse que l’on applique la partie extérieure en cuir bouilli qui va être travaillée avec des poinçons (os ou bois durs) afin d’obtenir des motifs en relief. Dans l’exemplaire présenté, l’étui est constitué de 4 épaisseurs de cuir, collée les unes sur les autres, le couvercle étant composé de 2 épaisseurs seulement.
Utilisation: L’étui était destiné à protéger un ouvrage précieux lors de son transport en bandoulière (missel, livre d’heures, manuscrit ou imprimé). La cordelette généralement faite de soie tressée se terminait par un noeud après le dernier passant. Dans notre exemplaire, la trace d’une fente sur les 2 petits côtés non visibles (partie recouverte par le couvercle) suppose la présence d’un lien entre la partie inférieure de l’étui et la cordelette permettant de limiter le débattement du couvercle lors de son ouverture à la longueur de ce lien.
Description: La face avant est décorée d’un grand médaillon central circulaire, rapporté, à l’intérieur duquel deux demies sphères, rapportées, sont ornées de deux lions l’un rampant l’autre léopardé (marchant). Le médaillon est soutenu par un motif de rubans sur fond pointillé. Les côtés sont ornés de motifs floraux sur fond pointillé. Les passants sont décorés de têtes léonines stylisées. La partie supérieure de l’étui est enrichie d’un fin motif floral sur fond pointillé. La partie arrière et le fond qui n’ont pas de rôle esthétique sont simplement décorés d’un treillis de filets.

Superbe travail dans un état de conservation exceptionnel. Rare témoignage dont on ne connaît que quelques exemplaires muséaux.
Son estimation est à la mesure de sa rareté, puisqu’il faudra compter autour 15 – 20 000 euros.
Il me semble que le musée de Cluny présente quelques étuis de ce type.
H
Dans les bibliothèques monastiques et d'institutions religieuses, il y a eu également beaucoup de massacres pudibons et très systématiques pour cacher les nudités dans les cartouches,bandeaux ou culs de lampes…soit par découpage ou par taches d'encres. Les "bragettones" n'ont pas frappé que la Sixtine! Sans rentrer dans la statistique que j'ignore, il me semble avoir vu en plus grand nombre ce type de dégradations que les grattages d'armes et attributs royaux qui eu n'ont duré que quelques mois.
Avez vous la même impression ?
Imaginez un atlas de Blaeu ou les cartouches représentant des "naturels ou sauvages" on tous été découpés! J'ai eu en main c'est dommage 🙁 Dernier en date histoire du diocèse de Lyon,imprimée à Lyon en 1671 un joli bandeau gravé avec deux angelots bragettés chacun d'une tache d'encre bien ronde et volontaire, qui a bien évidement déchargé sur les quelques feuillets suivants 🙁
Daniel B.
Ce sont les libraires parisiens Charles Chardin et A-A Renouard qui osèrent publier, après le décret d'octobre 1793, des "Observations de quelques patriotes sur la nécessité de conserver les monuments de la littérature et des arts" (Paris, Didot aîné, An II-1793)qui eurent pour effet de rendre un décret pour la conservation des livres menacés.
Souvenons-nous en.
Je possède un exemplaire des Recherches sur le feu de Marat sur la page de titre duquel la mention "Avec privilège du Roi" a été rageusement biffée. Il n'est pas rare de voir les feuillets de privilège arrachés.
Voilà une adresse très Roque’n roll pour les écrits de l’évêque de Roquelaure. Je n’avais jamais fait le rapprochement entre Senlis et Silvanecti. Finalement, les habitants de Senlis sont les hommes des bois !….
Mutilation légitime qui n'est pas plus belle à constater que les ex-libris maladroitement déchirés…
Toujours des raisons peu glorieuses… Pierre
Bel exemple d'acharnement révolutionnaire sur les symboles du despotisme !
On trouve d'autres exemples de caviardage dans l'histoire, liés à l'intolérance religieuse. Ainsi les ouvrages d'Erasme ont été souvent caviardés. J'ai un De Conscribendi (qui n'a pourtant rien de polémique) dont le nom d'Erasme a été biffé au titre. J'ai néanmoins gardé l'ouvrage pour sa reliure aux senestrochères de Marcus Fugger sur les plats ! 🙂
Textor