Un gentil-homme, le Diable, un miracle, des prodiges

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je classe actuellement les petites plaquettes qui se sont accumulées au fil des années. En voici une, assez rare, juste histoire de poster un petit message ce soir:
D’une quarantaine de pages, format in12, elle contient trois textes :
1. Histoire Prodigieuse d’un Gentil-Homme auquel le Diable s’est apparu et avec lequel il a conversé, sous le corps d’une femme mort, advenue à Paris, le premier janvier 1613. A Paris, chez Carroy, 1613.
2. Histoire miraculeuse, advenue en la Rochette, ville de la Maurienne en Savoye, l’an 1613.
3. Histoire nouvelle et remarquable, de l’esprit d’une femme, qui s’est apparue au Fbg Saint Marcel, après qu’elle a demeuré 5 ans entiers ensevelis… 1618

Sympa, pas commun, et passionnant à lire.

H

La lettre du bibliophile

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Héraldique et bibliophilie – Chapitre II, quelques basiques sur la reliure aux armes

Héraldique et bibliophilie – Chapitre II, quelques basiques sur la reliure aux armes

Amis Bibliophiles bonjour,Avant de poursuivre plus avant la science héraldique (et pour ne pas perdre de vue l’essentiel de notre passion) une petite vue générale sur  la reliure aux armes me paraît bienvenue.
Voici un type de décor de reliure excessivement courant que tout bibliophile de livres anciens a tenu en mains, vu et revu et possède en plusieurs échantillons dans sa bibliothèque. Que peut-on bien en dire encore?
Catalogue vente Couteau-Bégarie, Drouot, 24 septembre 2008Les reliures aux armes apparaissent dès la fin du XVe siècle mais c’est au XVIIe et XVIIIe qu’on les trouve le plus couramment. Il s’agit le plus souvent des armoiries complètes du possesseur du livre poussées à chaud, dorées au centre du premier plat et habituellement du second.
Exemple de supports: deux lions, Armes de Fagon, médecin de Louis XIV,
catalogue Amélie Sourget, 2011.C’est-à-dire que l’écu proprement dit, qui identifie la famille, est accompagné d’ornements extérieurs variables. On trouve de chaque côté de l’écu les supports (lions, licornes, cerfs..) appelés tenants dans le cas de figures humaines (hommes sauvages, anges, etc). Le timbre surmonte l’écu,  selon le cas : un casque de chevalier, une couronne ou un chapeau. Un cimier peut couvrir le casque. Les lambrequins qui sont des rubans décoratifs naissent derrière le timbre. Au besoin, au  plus proche de l’écu et tout autour,  se dispose un collier d’ordre de chevalerie avec son pendentif ou sa médaille.  Le cri d’armes ( Montjoie,  Dieu aide,…) somme le tout tandis  que la sentence, abusivement dite devise, souligne l’ensemble.  Sur le fond, l’écu peut reposer sur un manteau. D’autres insignes sont visibles, crosses, ancres, canons, bâtons… Tous ces attributs ne se trouvent pas heureusement ensemble ni à tout coup.
Reliure aux armes de la ville de Montargis-Le-Franc,
armoiries composées de petits fers, sur Les privilèges franchises et libertés….Communément le bibliophile a fait frapper le fer de ses armes chez son relieur pour identifier ses livres. Ce n’est pas toujours le cas, il peut arriver qu’un auteur ou un éditeur dédicace son livre à un personnage d’influence et le fasse relier aux armes de son dédicataire. Soit il s’adresse au relieur attitré de la personne à qui il veut rendre hommage, soit chez un autre relieur qui ne possède pas le fer et s’arrange pour en fabriquer un ou en composer un avec les moyens du bord. Des personnages influents donnaient aussi pour récompenser les meilleurs élèves d’un établissement scolaire un livre à leurs armes ou une certaine somme d’argent permettant au collège de faire exécuter une reliure aux armes du riche mécène. Le livre fini n’a donc jamais connu la bibliothèque de celui dont il arbore les armes, (en revanche on y trouve l’ex-praemio du bénéficiaire).  
Armes (postérieures) de France sur Gaguin,
Les croniques de France, 1515, catalogue Hugues de Latude, XXXIX.
Plus proche encore de nous, le duc d’Aumale faisait relier plusieurs exemplaires des livres dont il était l’auteur à ses armes qu’il offrait ensuite à des membres de sa famille ou à des amis. Les villes également ont pu faire relier des exemplaires de leurs privilèges, leurs entrées ou leurs fêtes à leurs armes qui étaient offerts aux visiteurs de marque. Au XIXe et au XXe, des amateurs ont parfois utilisé les armes d’un personnage illustre, le plus souvent disparu, pour embellir un livre ayant trait à ce personnage. Et faut-il signaler des exemplaires ordinaires falsifiés sans vergogne par la frappe d’armoiries célèbres et lucratives? On ne se méfiera jamais assez par exemple des livres aux armes de la Pompadour, surtout s’ils ne figurent pas dans le catalogue de la vente de sa bibliothèque.
Nous aurons l’occasion un peu plus tard d’explorer la typologie de ces reliures aux armes.
Lauverjat

7 Commentaires

  1. Lenglet Dufresnoy, je veux bien, mais à -t- on vu si ce Gentilhomme avait un nom? C’est trop tôt pour Queriolet,mais la conversion suite à une apparition diabolique est un thème fréquent.

  2. Voici comment se compose exactement la page de titre de l'original.

    HISTOIRE || PRODIGIEVSE, || D’VN || GENTILHOMME || auquel le Diable ſ’eſt apparu, || & auec lequel il a conuerſé, || ſoubs le corps d’vne || femme morte. || Aduenuë à Paris le premier || de Ianuier 1613. || (Fleuron) || A PARIS, || Chez FRANCOIS DV CARROY, || Libraire, ruë de la Harpeau || Mouton rouge. || M. DC. XIII.

    Il y a bien une différence avec la plaquette de Hugues.
    Pour indication, voici la collation exacte de cet in 8°: A-B4 = 8ff.

  3. Pour le texte qui possède sa page de titre, le CCfr donne :

    Titre : Histoire prodigieuse d’un gentilhomme auquel le diable s’est apparu et avec lequel il a conversé soubs le corps d’une femme morte, advenue à Paris le premier de janvier 1613
    Langue : français
    Publication : A Paris : chez François Du Carroy , 1613
    Pays :France
    Description :15 p. in 8 (localisation Bibliothèque Sainte-Geneviève – cote 8 Z 1097 INV 3238 RES P.12 )

    La composition typographique du titre me laisse penser que cet opuscule n’a pa pu être imprimé en 1613 comme indiqué mais sans doute bien plus tard au cours du XVIIIè s ??? mais je me trompe peut-être ??

    Pour les autres textes c’est sans aucun doute un extrait des Dissertations sur les apparitions du Lenglet Dufrenoy. 1751-1752 4 parties en 2 volumes in-12. Il suffirait de se reporter aux numéros de pages pour les retrouver dans le recueil entier à leur place.

    Le bibliophile a sans doute voulu rapprocher sous une même reliure des textes traitant du même phénomène d’apparition du diable…

    Bertrand

  4. Je ne suis pas spécialiste ès plaquettes, mais celle-ci, en tout cas le premier texte (et la pagination est ensuite continue), possède une vraie page de titre. J’aurais donc tendance à penser à un ouvrage en tant que tel.
    Que disent les spécialistes?
    Hugues

  5. En regardant les photos, il me semble bien que cette plaquette soit tirée des dissertations de Lenglet-Dufresnoy… donc incomplet (voir le mot « dissertation » en haut de la seconde photo).

    Mais je n’en suis pas sûr…

  6. tout à fait mon style de plaquette. Ces textes sont vraiment étonnants. J’en possède quelques-uns, mais pas celui là. Est-ce une plaquette bien complète où une partie de la dissertation sur les apparitions de Lenglet-Dufresnoy ?
    De ma collection, voici une poignée d’exemplaires assez rares:
    – Les signes prodigieux et espouvantables apparus au ciel sur la ville de Rome, Paris, J. Guillemot 1626.
    – Discours sur le cheval de bronze qui a este trouvé au royaume de Naples avec une prophetie qui s’est trouvée dedans, Paris, veuve Hubert Velut, 1623.
    – Les conjurations faites à un démon possédant le corps d’une grande dame, Paris, I. Mesnier, 1619.

    et d’autres encore.

    J’adore ces petites plaquettes de quelques pages, témoins d’un temps et de croyances, passionnantes.

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