Portrait de relieur: Léon Gruel (1841-1923)

Amis Bibliophiles bonjour,

L’amateur qui se penche sur l’histoire de la reliure croisera forcément l’auguste figure de Léon Gruel, qui fut non seulement l’un des principaux relieurs français entre 1891 et le premier quart du xxième siècle, mais également l’un de ses grands théoriciens.

Léon Gruel est l’héritier de plusieurs générations de relieurs, qui se sont succédé dans l’atelier fondé par Isidore Deforge en 1811 au 24 rue Duphot. Plus précisément Léon Gruel est le fils de Catherine Gruel – Engelmann (? – 1896) et de Pierre-Paul Gruel (? – 1846 ou 1848), gendre de Isidore Deforge.

Léon rejoint l’atelier de sa mère dès le début des années 1860, mais il s’associe à elle et à son demi-frère Edmond Engelmann vers 1875. Cette association fait la synthèse d’une tradition familiale bien établie, du sens inné de la reliure de Léon, et de l’expertise d’Edmond dans l’imprimerie et l’édition.

Léon imprime vite sa marque personnelle, et il devient seul propriétaire de l’atelier en janvier 1891, à la mort de son demi-frère Edmond. Il dispose au 418 rue Saint-Honoré, d’une boutique et d’un atelier. Léon est aussi un grand collectionneur de reliures, des origines au xviiième siècle,  et sa boutique fait figure de « musée », il prête volontiers ses ouvrages pour des expositions. Il devient rapidement l’un des théoriciens de la reliure, doublant sa collection d’un fonds important de documents consacré aux relieurs. Il fit don d’une partie de sa collection de reliures révolutionnaires au musée Carnavalet.

Il est l’auteur du Manuel historique et bibliographique, paru en 1887,  qui sera suivi complété d’un second volume en 1905 (Paris, Gruel / Engelmann, 1887; Paris, Gruel / Leclerc, 1905). Léon Gruel y détaille, après une brève introduction sur les styles, l’histoire de la reliure et de ses artisans sous la forme d’un répertoire alphabétique, abondamment illustré.

Il est également l’auteur d’autres ouvrages consacrés aux reliures anciennes: La Rose d’Or, les reliures révolutionnaires, etc. et d’articles ou de courts opus consacrés à Christophe Plantin, Marguerite de Valois ou Thouvenin. 

Une reliure dos-à-dos de Léon Gruel

Léon Gruel occupe également des responsabilités au sein de la profession : il est dès 1889 l’un des membres fondateurs du syndicat de la reliure-dorure-brochure, qui acquiert sa structure définitive en 1891 et qu’il préside de cette date à 1900. C’est à lui que l’on doit l’organisation de la participation des relieurs français au diverses Expositions Universelles de la fin du xixè siècle.

Il est aussi membre du Cercle de la Librairie dont il assure la vice-présidence en 1895. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1895.

On retiendra également la polémique qui l’opposa à Henri Marius-Michel (1846-1925) en 1896 au sujet du renouveau de l’art décoratif en reliure. Gruel, en théoricien, défend l’étude des styles anciens alors que Maris-Michel soutient l’originalité et le renouveau. Il est cocasse de noter que les pères des deux relieurs travaillèrent ensemble, Pierre-Paul Gruel ayant confié la dorure de son atelier à Jean Marius-Michel en 1839.

De santé fragile, Léon Gruel se retire des affaires en 1901 et cède la place à son fils Paul Gruel (1864 – 1954).

Léon Gruel décède à Cannes le 7 novembre 1923. Il est inhumé à Paris, et le 8 et 9 mai 1924, une première partie de sa collection est proposée à la vente.

H

1 Commentaire

  1. It’s the best time to make some plans for the future and it’s time to be happy. I have read this post and if I could I desire to suggest you few interesting things or advice. Perhaps you could write next articles referring to this article. I wish to read more things about it!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.