La bibliophilie selon Pierre-Jean Rémy – catalogue de la vente Alde du 7 octobre 2011

Amis Bibliophiles bonjour,
La réception des catalogues de ventes aux enchères est l’un des plaisirs les plus doux qui soient pour le bibliophile: c’est la promesse d’un doux moment consacré à leur lecture, une source d’information et de découverte passionnante, et c’est un moment où tout est encore possible, puisque ces ouvrages n’ont pas encore été adjugés et l’on se prend à rêver que l’un ou l’autre rejoigne notre bibliothèque… avant que la réalité ne nous rattrape.
Si la promesse est toujours exquise, tous les catalogues ne se valent pas, de même que toutes les maisons de vente ne se valent pas. Parmi elles, il en est une qui à mon sens se distingue nettement, notamment parce qu’elle se spécialise dans les livres et autographes, mais aussi parce qu’elle apporte un soin tout particulier à ses catalogues, la maison Alde.

Les amateurs savent qu’un catalogue Alde est le plus souvent l’assurance d’une très belle vente, constituée d’ouvrages choisis, précisément décrits, et mis aux enchères par Jérôme Delcamp, commissaire-priseur passionné. Au delà de la sélection des ouvrages, les catalogues Alde se distinguent souvent par une introduction tout aussi intéressante si on prend la peine de la lire. C’est le cas du catalogue de la vente de la Bibliothèque Pierre-Jean Rémy (jeudi 6 octobre 2011) qui propose une longue introduction, en trois parties: une introduction de Gabriel de Broglie, de l’Académie française, Président de la Société des Bibliophiles François, une biographie de Pierre-Jean Rémy, puis enfin un texte court mais passionnant de Pierre-Jean Rémy qui nous détaille son parcours en bibliophilie; sujet toujours captivant pour les autres bibliophiles (que confirme d’ailleurs le succès des « portraits de bibliophiles » sur le blog). Jean-Pierre Angremy (1937–2010), connu principalement en littérature sous le nom de plume de Pierre-Jean Rémy est un diplomate, administrateur et écrivain français, membre de l’Académie française. Il a également publié sous d’autres pseudonymes : Nicolas Meilcour, Raymond Marlot, Jean-René Pallas, Pierre Lempety.

Je me suis retrouvé dans la lecture de ce texte, et j’ai le sentiment qu’il résonnera dans le coeur de chaque bibliophile tant il présente parfaitement les différentes étapes traversées par la plupart d’entre nous: les premiers pas, le paradoxe entre lecture et bibliophilie, l’écueil de la bibliomanie, puis la raison et le choix éclairé… Je le retranscris ci-dessous:
« Depuis quelques années, j’en suis arrivé à une conception sûrement fort peu orthodoxe de la littérature, où toutes les manières d’aimer un livre se conjuguent au bout du compte en un même objet.
Je crois bien avoir commencé à acheter des livres aussitôt que j’ai appris à lire et, très vite, j’ai découvert les ivresses des bouquinistes. À douze ans, les livres neufs coûtent cher et c’est un plaisir vertigineux que de trouver « d’occasion » celui qu’on voudrait lire. Ou un autre. Ainsi, très vite, ce libraire, sous un porche de l’avenue de Clichy, où Dieu sait quel critique littéraire écoulait chaque mois, par douzaine, les « services de presse » qu’il recevait, prenant la précaution de découper seulement son nom en tête des dédicaces plus ou moins flagorneuses… 

Quelques-uns sont restés jusqu’à aujourd’hui dans ma bibliothèque, aux pages vilainement massicotées comme c’était alors la coutume pour les exemplaires de livres qu’on coupait encore, mais destinés, ceux-là à des critiques auxquels on croyait bon de mâcher la besogne. Le livre était alors une denrée d’abord comestible : je dévorais, j’avalais les livres, quelque soit leur valeur intrinsèque. « Services de presse », donc, bouquinés dans les boîtes des quais, livres de poche déjà balbutiants, ou nobles volumes de la collection Pléiade achetés de seconde main boulevard Saint-Michel que j’éprouvais une forme de jubilation à annoter, à corner, à trimballer avec moi comme n’importe quel livre ordinaire. Mais, déjà, j’accumulais…
Cela fait plus de quarante ans que je continue à accumuler ainsi, mais depuis un quart de siècle je recherche autre chose. Au début, ce furent des romans du XVIIIe siècle que j’achetais en édition originale tout simplement parce que, ayant passionnément relu Les Liaisons dangereuses et, voulant lire dans la foulée tout ce que je pourrais trouver dans les sillages des Liaisons et de Laclos, j’étais bien forcé d’en passer par là, puisque ces livres là n’avaient guère été réédités. Ainsi achetais-je, accumulaisje d’abord pour lire. Ainsi, entre l’écrit et le volume qui le contient, existait-il une adéquation de fait.
Mais j’étais bien loin de tout souci bibliophilique. Très vite, pourtant, j’ai cessé de les lire, ces dizaines, bientôt ces centaines de petits volumes reliés en peau, aux fers dorés, qui envahissaient les rayons de mes bibliothèques. À l’appétit du texte avait succédé une étrange fringale, une boulimie démente qui me faisait préférer vingt petits anonymes du XVIIIe siècle à une belle édition originale de ces fameuses Liaisons qui avaient été à l’origine de tout. Ce n’était toujours pas de la bibliophilie, mais l’esprit de collection poussé à son point le plus absurde. C’était tout Paris, tout Londres où je vivais que je parcourais sans fin en quête de Dieu sait quels Mémoires du Chevalier de X ou  Lettres de Madame Y…
Et puis, un jour, presque par hasard, j’ai acheté les deux volumes d ’Un Grand Homme de Province à Paris. Je les ai payés beaucoup plus cher que mes petits romans inconnus, mais ça a été une sorte de révélation : la joie, la jouissance même de posséder, de regarder, de caresser un ouvrage que j’aimais infiniment tel qu’il avait été publié pour la première fois.
Ce fut un nouveau vertige. Du XVIIIe, j’avais fait un petit bond jusqu’aux années 1850 avec, au milieu, Stendhal. Depuis ma première lecture de La Chartreuse, mon amour de la littérature, sinon mon écriture, s’organisent autour de Stendhal. À la quête effrénée des « petits romans » a succédé celle de « Stendhal ». Très vite, ces achats d’abord sans retenue se sont concentrés autour de beaux exemplaires.
Je commençais à deviner sourdement qu’entre les premières lignes de La Chartreuse, voire celles du deuxième chapitre de La Confession d’un Enfant du siècle que j’admire presque également (« Pendant les guerres de l’Empire, tandis que les maris… ») et les volumes de l’édition originale qui les renferment, existe un lien mystérieux, peut être miraculeux, et d’autant plus profond que les volumes en question sont plus beaux, qu’ils portent un signe, une provenance… 

Cette découverte était évidente, mais encore incertaine. D’ailleurs de Stendhal et Musset, j’en arrivais très vite à beaucoup d’autres. Mais, de même que je savais relire autrement De l’Amour après en avoir sorti tour à tour de mes rayons l’édition de 1822, puis celle remise dans le commerce en 1833 avec le nom de Stendhal, de même éprouvais-je un plaisir presque identique à lire Champavert avec devant moi un exemplaire de l’édition de 1833 relié en maroquin rouge, contenant le dessin original du frontispice et dédicacé par Petrus Borel à Cordelier Delanoue, mais aussi offert par Maurice Barrès à Maurice Donnay. Or, quelque soit l’intérêt amusé que nous portions à Petrus Borel, nous savons bien que Madame Putiphar n’est pas L’Abesse de Castro : amoureux sans frein de beaucoup d’écrivains et écrivain dont toute l’écriture repose d’abord sur celle des autres, j’étais sûrement devenu bibliophile mais je me demande si, quelque part en cours de route, je n’avais pas un peu oublié la littérature… D’ailleurs, je ne lisais ni L’Abbesse de Castro, ni Le Rouge et le Noir dans ces précieuses éditions : il ne fallait pas les abîmer, n’est-ce pas ?
Le reste ne s’explique pas ; Ou peut-être, l’explication est-elle très simple. À force de rechercher des exemplaires tels que ce Champavert portant tant de signatures, je n’ai plus pu les payer. D’ailleurs, avais-je vraiment besoin de ce Champavert là ? Voire d’un Champavert quel qu’il soit ? Dans le même temps, Éluard, Char, Segalen, Saint-John Perse, mais aussi Yves Bonnefoy, Francis Ponge : je retrouvais la poésie. La poésie de ce siècle. Et le roman de ce siècle, Proust ou Julien Gracq, j’ai commencé à les rechercher en sachant que je pourrais peut-être, avec le temps, la patience, trouver le plus bel exemplaire possible de ces textes uniques qui me font, lecteur ou écrivain, l’écrivain et l’homme que je suis.
Et c’est ainsi que je suis arrivé aujourd’hui à cette conception, que j’ai dite sûrement peu orthodoxe, de la littérature. Les lignes d’Anabase ou des  Vents trouvent leur vrai grandeur dans l’admirable typographie qu’a voulue Saint-John Perse, sur le papier de tête, Hollande ou Chine, pour lequel il semble avoir été pensé et dans le format même du livre. Quant au volume lui-même, habillé de cette reliure, devant moi, qui lui donne une forme, un toucher, une texture presque vivante, il en devient objet mais aussi livre, écrit même, à proprement parler unique. 

Les mots de Saint-John Perse ici, ceux de Char, de Gracq là s’avancent en une manière de costume de scène sur le théâtre de ma littérature : celle que je me fabrique, le miel que je me fais pour moi à partir des mots des autres. Je peux dès lors revenir en arrière, retrouver Stendhal ou espérer Maurice Scève : je sais que ma quête du livre idéal devient celle du livre que j’admire et dont la richesse qu’il porte intrinsèquement en lui renforce encore le poids qu’il va peser en moi. Comme si la volonté de l’auteur d’avoir choisi cette édition là, ce tirage précis, l’envoi qu’il a pu y inscrire, le soin du relieur qui l’a parfois habillé participaient aussi, de manière obscure, indécise, poétique en somme, à ce qui est création littéraire, poésie. Et comme si, surtout, je me savais plus riche de lire ce volume là précisément puisque, à présent, je tente autant que je le peux de relire les livres que j’achète dans ces exemplaires mêmes que je traque à travers le monde. »Pierre-Jean Rémy
Magnifique et tellement clair, ne trouvez vous pas? J’ai eu un sentiment étrange d’empathie en lisant ces lignes, et l’impression que finalement, je ne suis peut-être pas sur la mauvaise route.
HP.S.: vous pouvez retrouver le catalogue ici: http://www.alde.fr/FR/lots_list.php?saleId=17316

La lettre du bibliophile

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« Io. Grolierii et Amicorum », ou les fabuleuses reliures de Jean Grolier

« Io. Grolierii et Amicorum », ou les fabuleuses reliures de Jean Grolier

Amis Bibliophiles bonjour,
Le samedi 8 octobre 2011, la salle des ventes de Montluçon dispersait l’importante collection de l’ancien maire de la ville, monsieur André Guy.
Au programme beaucoup de régionalisme Bourbonnais, un peu Auvergnat et des provinces circonvoisines, et un nombre conséquent d’ouvrages du XVIe souvent en latin.
Comme il se doit la vente comptait quelques lots phares. Le numéro 64 donnait lieu à une bataille nourrie au téléphone.

Il s’agissait de la seconde édition aldine (Venise, 1521),“Institutionum Oratoriarum libri XII..” de Quintilien. L’intérêt des enchérisseur était aiguillonné par la reliure de ce livre, sortie des mains de Jean Picard vers 1543-1546, à la commande de Jean Grolier. Ce volume, en veau, de format  in-8 (papier 134 x 220 mm) au décor géométrique d’entrelacs dorés délimitant des réserves rondes occupées par des fleurons dorés en écoinçons, porte au centre du premier plat le titre doré et au centre du second plat la devise “ Portio mea, domine, sit in terra viventium” du bibliophile.
Bien sûr, le premier plat porte en queue le supra libris doré célèbre “Io. Grolierii et amicorum”. L’état de la reliure laisse cependant un peu à désirer, mors fendus, coiffes arasées, coins émoussés, “cuir du dos sec et légèrement racorni”. L’estimation imprimée était de 15 000 à 20 000 euros. Premier émoi, la mise à prix est de 20 000 euros. (Mes amis s’attristeront de savoir que je n’étais déjà plus sur les rang de toutes façons; la lecture des notices de catalogue garde ceci de plaisant que l’estimation est toujours à la fin). Mais les amis de Grolier, eux, sont nombreux et convaincus; le marteau tombe sur l’enchère de 72 000 euros aggravée de 17,642 % de frais…
Le chroniqueur de la Gazette Drouot semble un peu perdu devant ce résultat et laisse à penser que la rareté de l’édition prime sur l’origine de la reliure. Il est trop évident que l’acheteur s’est enthousiasmé pour la reliure et sa provenance.
Rappelons que Grolier (1479-1565),  trésorier général du roi de France à Milan, puis trésorier de l’extraordinaire des guerres, officier et  proche collaborateur du Grand Maître Anne de Montmorency, dont il surveille la construction de ses châteaux et administre les finances,  amateur d’art, constitua une bibliothèque célèbre. En fait trois bibliothèques successives, les deux premières seront dispersées après des revers de fortunes (on en connaît subsistant  aujourd’hui respectivement 27 et 25 volumes). Jean Grolier reconstitua sa bibliothèque après 1538, confiant ses travaux de reliures aux maîtres parisiens.
Qu’en est-il de la rareté? Quelques 450 volumes de cette dernière bibliothèque, qui en comptait peut-être 3000,  sont parvenus jusqu’à nous. Parmi ceux-ci les ouvrages en français sont  très rares.
Les bibliothèques publiques et les institution comptent donc de nombreuses reliures « de » Grolier qui sont régulièrement exposées. De mémoire, la bibliothèque de Mariemont en possède une, la bibliothèque Municipale de Versailles deux comme celle de Nancy et celle de Vesoul qui en a découvert deux dans ses réserves il y a peu d’années. La bibliothèque du Château de Chantilly conserve une quinzaine de reliures Grolier dont une Bible de Robert Estienne offerte par Grolier à Christophe de Thou. La bibliothèque Mazarine est un peu moins riche… La Wittockiana malgré ses réorientations conserve encore quelques reliures Grolier invendues.
En fréquentant les ventes récentes, il était aussi « possible » de faire son marché.

Chez Christie’s, la première vente  Wittock à Londres proposait sept “grolier”: sous le n° 32, Caton, Disticha moralia, Bâle, Froben, 1526, un in-8, en veau au décor à encadrements dorés qui fit partie de la première bibliothèque de Jean Grolier avec son ex-libris manuscrit au colophon, adjugé 21 510 Livres (39 686 Dollars) frais inclus; n° 38, Ciceron, Officia…, Lyon, Trechsel, 1533, relié en maroquin vers 1540 par Jean Picard orné d’un décor géométrique typique vendu frais inclus 68 118 Livres (125 672 Dollars, le double de l’estimation haute); le    n°54, Diogenes Cynicus, Epistolae, Venise 1487 [1492], reliure in-4 veau blond glacé à encadrements et entrelacs de fers dorés et azurés réalisée vers 1555 par le relieur de Thomas Mahieu (dit “le relieur de l’Esope de Mahieu”) vendu 81 260 Livres (149 925 dollars);

n°80 , Marullus, Epigrammata et Hymni, Paris, Wechel, 1529, in-8, reliure moderne à l’imitation, ex-libris manuscrit de Grolier, estimé de 9 100 à 12 000   mais non vendu; n° 91, Pic de La Mirandole, Hymni heroici tres, Strasbourg, Schürer, 1511, in folio veau brun, grand décor d’entrelacs géométriques dorés du relieur Jean Picard, estimé 76 000 à 120 000   et non vendu;  n° 103, Sadolet, Interpretatio in Psalmun Miserere mei Deus, Lyon, Gryphe, 1533 (suivi de in Psalmum XCIII interpretatio,1534), in-8 relié par l’atelier  “à la fleur de lis” veau orné de filets à froid et dorés en encadrement, grands fleurons dorés aux coins et large composition d’entrelacs floraux en losange au centre des plats, estimé de 16 000 à 23 000   et non vendu;

Enfin le n°118 qui terminait la vacation et ornait la couverture du catalogue, Vigerus, Decachordum Christianum, Fano, Soncinus, 1507, reliure en veau fauve ornée d’entrelacs géométriques dorés et peints en vert et blanc formant un encadrement central où se logent 3 cercles contigus peints en noir par le  relieur dit “à l’arc de Cupidon” vers 1547-1553 estimée entre 38 000 et 53 000   et non vendu.
La troisième partie de la vente Wittock, le 7 octobre 2005, à Paris, proposait 5 livres de Grolier, soit les numéros 24, Hérodien, Historiarum libri, Venise, Alde, 1524, in-8, reliure de Jean Picard vers 1540, maroquin olive discrètement restaurée à encadrement de filets dorés et à froid assez sobre, livre vendu frais inclus 66 000 euros;
Le n° 27, Huttich, Imperatorum romanum libellus. Strasbourg, Köpfel, 1526, un petit in-8 en veau fauve de l’atelier dit “à la fleur de lis” vers 1540, adjugé 85 000   (102 000 avec les frais) acheté par la maison Spink & Son à Londres précisait la Gazette de l’époque;  n° 32 Lopez de Zuniga, Annotationes contra Erasmum Roterodamum (suivi de) contra Iacobum Faabrum Stapulen (Lefèvre d’Etaples), Alcala de Henares, 1520 et 1519, in-folio veau de Jean Picard au fantastique décor d’entrelacs géométriques peints et dorés (dos orné au XVIIe d’un semé de fleurs de lys) adjugé 90 000   (108 000   avec les frais);  n°38, Pigghe, Hierarchiae ecclesiasticae assertio.. Cologne, Melchior Novesianus, 1544, in folio de veau fauve de Jean Picard au décor de feuillages dorés et d’entrelacs géométriques dorés, autrefois peints en noir, non vendu (estimé 60 000 à 90 000); n°41, Polybe, Historiarum libri quinque…, Venise, Alde, 1521, in-8 maroquin blond de l’atelier  “à la fleur de lis” assez semblable au n°27 qui coûta 46 800   frais inclus.
Chez Christie’s toujours, le 7 juillet 2010, nous trouvons à la vente (the Arcana collection, part 1) l’édition originale Aldine incunable de 1499 de l’Hypnerotomachia Poliphili dont Hugues s’était fait l’écho ici. Ce livre frais inclus atteignit 313 250 Livres (473 321 Dollars).
Les ventes Bérès virent l’adjudication de deux livres. Lors de la deuxième vente le 28 octobre 2005, le °48:

Simonet, De Christiane fidei et romanorum pontificum persecutionibus, Bâle, Kester, 1509, un in-folio en veau brun redevable à Estienne Gommar vers 1555, l’un des derniers relieurs de Grolier, au décor d’entrelacs dorés et peints, courbes, au dessin nouveau de “cuir enroulé”, au dos lisse muet orné de croisillons dorés, obtint 200 000   le double de son estimation (plus 21,10 % de frais).

Le n°10 de la quatrième vente, le 20 juin 2006, Saint Jean Chrysosthome, Aliquot homiliae (suivi de) In epistolam divi Pauli…, Bâle, Froben, 1533, in-4, relié vers 1540 par Jean Picard, en veau brun à décor d’entrelacs géométriques et de fleurons azurés fut adjugé 62 000 euros au marteau.
Vous me direz qu’on n’assiste pas à de telles ventes tous les jours. Nous vivons une époque d’exception!? Mais alors les livres de Grolier sont-ils rares? Précieux, raffinés, luxueux, émouvants, mythiques certes, coûteux (oh combien) et recherchés (excessivement), bien sûr, ils sont à l’évidence moins rares que certains mandements d’évêques crottés du XVIIe… Mais ces derniers n’intéressent personne, personne ne les recherche et ils ne font rêver personne. Dommage, des mandements, j’en avais.
Lauverjat
Sur Grolier et ses reliures la littérature est abondante et la recherche toujours renouvelée et actualisée, sur le personnage on peut encore consulter :Antoine Leroux de Lincy Recherches sur Grolier, sur sa vie et sa bibliothèque, suivies d’un catalogue des livres qui lui ont appartenu, Paris, L. Potier, 1866. (Numérisé par Google)

9 Commentaires

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