Une société de Bibliophiles: le Grolier Club

Amis Bibliophiles bonjour,
Nous sommes le 23 janvier 1884, Robert Hoe a invité 8 amis bibliophiles chez lui pour évoquer la création d’un club dédié au Livre. Les 9 convives, quoique d’âge et de condition sociale différentes, partagent le même  amour du livre et la même conviction que ce club est une nécessité absolue dans l’Amérique de la fin du 19ème siècle. La décision est prise et dans les deux semaines le nom de cette association de bibliophiles est choisie, ce sera « The Grolier Club of the City of New-York », en hommage au bibliophile français Jean Grolier.

Le projet du Grolier Club est d’étudier et de favoriser les progrès des arts du livre. Dans ce but, le club est hébergé dans un lieu physique où peuvent se tenir des réunions, des conférences et des expositions. Ce lieu existe toujours, et il situé au 47 East 60th Street, à New York, il a été conçu en 1917 pour abriter spécialement le Club. Le Grolier Club favorise également la publication (plus de 400 à ce jour) et l’étude bibliographique via le maintien d’une bibliothèque. On peut accéder librement au club et à sa bibliothèque, c’est donc une adresse a conserver absolument en tête pour votre prochain voyage à New York. en attendant cette visite, vous pouvez déjà visiter le site du club: http://www.grolierclub.org.La BibliothèqueLa bibliothèque dont le thème central est la bibliographie, les « books on books », contient aujourd’hui près de 100 00 volumes et 60 000 catalogues de libraires et de ventes aux enchères. L’Ex-libris du Grolier ClubBien que les statuts du Grolier Club stipulent que le nombre de membres est limité à 300 membres, ils sont aujourd’hui près de 800, principalement américains, mais également européens et asiatiques. Le Club est un club privé, pour en être membre il est nécessaire d’avoir fait preuve d’une activité exemplaire dans les domaines de la bibliophilie, de la bibliographie, de la librairie ou du livre en général, et que la candidature soit proposée par un membre existant et supportée  par trois autres membres. La vie du Club est aujourd’hui marquée par de très importantes expositions et des publications très recherchées des chercheurs. On ne peut que s’enthousiasmer de cette très belle réussite de nos amis américains, tout en regrettant qu’elle soit sans équivalent en France.
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La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

L’exposition Geoffroy Tory au Musée national de la Renaissance.

L’exposition Geoffroy Tory au Musée national de la Renaissance.

Amis Bibliophiles bonjour, 

Le Musée national de la Renaissance est installé à Ecouen dans le château que fit construire le connétable Anne de Montmorency, Grand Maître de François Ier. Il était donc tout désigné pour accueillir l’exposition, toute bibliophile, organisée conjointement avec la BnF sur Geoffroy (sic) Tory. 

Disons tout de suite que cette exposition dans trois salles du rez-de-chaussée du château est une brillante réussite. On ne se moque pas du visiteur. La mise en scène, passée l’acclimatation au faible niveau de lux, est séduisante. Les cartels lisibles, les explications limpides, les pièces présentées extraordinaires. 

Pour connaître un peu le sujet, j’affirme que les commissaires de l’exposition ont bien travaillé et bien fouillé les réserves des bibliothèques publiques et privées. Presque 150 livres s’offrent à vous, et pour plus de clarté les commissaires n’ont pas hésité à exposer plusieurs exemplaires du Champ fleury pour les ouvrir à différentes pages ou présenter leurs reliures. 
Colophon du champ fleury

Sept exemplaires de ce livre de 1529 se trouvent ainsi réunis en un même lieu, ce qui n’a pas dû se produire depuis fort longtemps. L’exposition est bien conduite depuis les origines de Tory, en passant par son influence sur l’illustration (en particulier des livres d’heures), l’aventure du Champ fleury, l’imprimeur du roi pour se terminer par la reliure. Toujours, les exemples d’inspiration ou des contre exemples contemporains sont présentés simultanément. 
Parmi d’autres, voici quelques pièces remarquables: le manuscrit des verrines de Cicéron, doté des ex-libris de Robert Gaguin, Geoffroy Tory et Jean Grolier, les heures de Tory imprimées par Simon de Colines en 1525 et offertes en mariage à Robert Estienne et Perrette Bade, enrichies d’un frontispice enluminé inspiré de la marque de Josse Bade, le père, représentant des imprimeurs au travail, les heures de Tory de 1531 ornées d’une planche dépliante à double page du “triomphe de la Vierge Marie” inspiré des triomphes du songe de Poliphile, les reliures “au pot cassé”. Pour un passionné deux bonnes heures de visite sont nécessaires.
Le Sacre & Coronement de la Royne… Tory, 1531, (collection privée)Marque au pot cassé (collection privée)Enfin deux remarques infimes en forme de post-scriptum, vous aurez noté que l’exposition a fait le choix moderne d’écrire Geoffroy avec deux f, ce que ne fît jamais Tory, ensuite l’avis d’une visiteuse d’Ecouen qui avait vu les affiches dans le métro mais n’y avait pas prêté attention, Tory lui étant inconnu, elle venait seulement pour le Musée et regrettait que l’exposition n’ait pas opté pour un titre plus évocateur ou simplement pour son sous-titre.
Reliure au pot casséLe catalogue: 
À l’occasion de cette exposition la rmn-Grandpalais édite un catalogue collectif, « GEOFFROY TORY, Imprimeur de François Ier, graphiste avant la lettre.” 

Cet In-4 sous jaquette rempliée illustrée des caractères du Champ fleury, compte 158 pp. Les articles sont signés Stéphanie Deprouw, Olivier Halévy, Magali Vène et Fabienne Le Bars. Les chapitres traitent “de Bourges à Paris en passant par l’Italie”, “des livres d’heures d’un genre nouveau”, “à travers Champ fleury norme typographique et imagination visuelle”, de l“imprimeur du roy” et de “Geoffroy Tory et la reliure”. L’illustration en couleurs est abondante et le papier d’un fort grammage non glacé agréable. Comme il se doit dans un catalogue d’exposition toutes les oeuvres exposées sont décrites. Une bibliographie générale clos l’ouvrage, où on note avec un pincement au coeur une référence à la Nouvelle Revue des livres anciens.
Un ouvrage à acquérir en tous cas!
Lauverjat

17 Commentaires

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  3. En fait Jean-Paul, ces informations datent de 1964 (« The Grolier Club of the City of New York », BBF, 1964, n° 7, p. 308-309), c'est pour cela que je n'avais pas repris l'information sur le budget, qui est dépassée.

    Avec 60000 dollars par an à New York en 2010, on ne paie pas le portier du Club.

    Hugues

  4. Un Conseil composé de vingt et un membres résidants, élit chaque année un président, un vice-président, un secrétaire et un trésorier.
    Le Grolier Club dispose de moyens financiers considérables, provenant de la cotisation de ses membres et de dons. Le budget normal est d'environ 60 000 dollars. Ainsi peuvent être assurées les dépenses d'entretien du Club, la conservation de ses collections, en particulier d'une bibliothèque, d'excellentes publications et de brillantes expositions, sans compter l'organisation de visites dans des collections diverses et aussi de dîners et de thés qui assurent la vie sociale du Club.
    Il faut insister enfin sur l'importance des expositions qui se sont tenues au Grolier Club.

  5. Bonjour Olivier,
    Pour y accéder, je pense qu'il est suffisant de prendre contact avec eux par email avant votre voyage.
    Les membres ont la chance de pouvoir deviser ensemble de bibliophilie dans de larges fauteuils de cuir, entre autres délices.
    H

  6. Donc si j'ai bien compris pas besoin d'être membre pour y accéder..? (de la part de quelqu'un qui devrait aller à NY bientôt).
    A quels privilèges ont accès les membres?
    Olivier

  7. Réunir des bibliophiles pour faire la promotion du livre ancien et de la bibliographie sa fille, c'est ce que fait ce blogue.

    Projet qui ne peut se réaliser que dans une très grande ville. Les provinciaux utilisent les liens informatiques !

    Président : Hugues
    Secretaire : Hugues
    Tresorier : Hugues

    A quand la carte de membre ? Pierre

  8. existe-t-il actuellement en France des associations de bibliphiles actives d'un point de vue "recherche" et non "publication d'illustrés" ? peut-on considérer ainsi les contributeurs de la NRLA (par exemple, presque au hasard) ? (il faudrait qu'ils se réunissent régulièrement, tiennent des colloques et publient les résultats de ces travaux ?)

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