Dans les archives du Blog: Belles étiquettes de grands relieurs du 17e et du 18e siècles: Derome, Roffet, Douceur, Vente, Fétil, Le Monnier…

Amis Bibliophiles bonjour,
Quelques images tirées de l’ouvrage d’Octave Uzanne, The French Bookbinders of the 18th century, les très intéressantes étiquettes de quelques relieurs du 17ème et du 18ème: Roffet, Derome, Douceur, Vente, Fétil et Le Monnier. 



Etienne Roffet est le fils de Pierre Roffet, dit Le Faucheur, est un relieur français. Il était établi tout au commencement du XVIe siècle, ainsi qu’il résulte de l’ordonnance qui suit, faisant partie de la collection A. Bonnardot, vendue par M. Claudin le 23 mars 1886 :
« De par le Provost des marchans et eschevins de la ville de Paris. Philippe Macé, receveur du domaine de la ditte ville, baillez et payez à Pierre Rouffet, relieur de livres à Paris, la somme de soixante solz parisis que ce jourd’hui avons ordonnée et ordonnons par ces présentes, pour avoir de nos ordonnances, tympanisé, blanchy, colé, relyé, doré, jaulny et couvert de cuyr neuf les deux livres d’ordonnances royaulx de la prevoste des marchans et eschevins d’icelle ville qui estoient vielz, descouvers et mal relyés, et auxdits deux livres mis et fourny de fermeture, et à chacun d’iceulx adjusté trois cayerz de parchemin blanc, iceulz réglés, l’un desquelz livres servant en l’auditoire de l’Ostel de la dite ville et l’autre au Greffe d’icelle. Et rapportant ces présentes et quittances dudit Rouffet, la dite somme de soixante solz parisis sera allouée en vos comptes, etc. etc., le vendredi vingt-deuxième jour daoûst mil cinq cens et onze. » Signé de Montmirel, J. Croquet, G. Souchay, Disomé, Hesselin. — Suivait la quittance de Pierre Rouffet. « .Ce relieur était de plus libraire, et avait pour enseigne un Faucheur, d’où lui vint son surnom, que portèrent aussi ses descendants. Il demeurait rue Neuve-Notre-Dame à Paris, devant l’église Sainte-Geneviève-des-Ardents, et édita un grand nombre d’ouvrages. Selon La Caille :
« la veuve Nicole Vostre imprima pour Pierre Roffet, Simon Hadrot et Nicolas Prévost, le Diurnal à l’usage des RR. PP. Celestins, in-24 rouge et noir, en 1528; Breviarium adusum Cœlestinorum, in-8°, et plusieurs autres usages rouge et noir. »
Il réalisa des reliures pour François Ier, de facture simple, en cuir et maroquin noir. Il publia aussi Larbre de lame de Hugues de Saint-Victor, et Geoffroy Tory imprima pour lui : Jean Marot de Caen sur les deux heureux voyages de Gênes et de Venise, etc., en 1532; le Recueil de Jehan Marot, poète et escripvain de la magnanime Reyne Anne de Bretagne ; puis, la même année, L’Adolescence Clémentine de Clément Marot. Pierre Roffet dut mourir en 1533, car le privilège de la La Suite de l’Adolescence Clémentine fut donné pour trois ans, en 1534, au nom de sa veuve, qui paraît avoir continué la maison de son mari.

Nicolas-Denis Derome, dit « Derome le Jeune », ou le « phénix », est né le 1er octobre 1731. C’est le sixième fils de Jacques-Antoine. Il a pu profiter de l’enseignement de son père jusqu’à ses 29 ans, mais aussi de celui de ses deux frères aînés, Nicolas et Charles, tous deux maîtres relieurs doreurs comme leur père, et qui habitaient la même maison de la rue Saint-Jacques. 
Même s’il n’a pas encore été reçu maître, il ne le sera que le 31 mars 1761, il prend la succession de son père à son décès, dès 1760, mais, surtout, il signe dès cette même année ses reliures d’une étiquette qui porte : « Relié par DEROME, dit le jeune, établi en 1760, rue St jacques près le collège du plessis n°65 ».Pour éviter la confusion avec son frère aîné, qui se prénomme également Nicolas, Nicolas-Denis se fait appeler « Derome le Jeune », comme l’avait déjà fait un autre grand relieur du siècle, son confrère Antoine-Michel Padeloup. 
Rapidement, sa renommée est immense et il est réputé tant pour ses talents de relieur que pour le raffinement de ses dorures. Il disait ainsi du corps d’ouvrage de ses volumes que c’est « la couture et l’endossure qui font le tact de la reliure ». Côté dorure, il perpétua la tradition familiale en livrant des mosaïques remarquables, avec des variantes à compartiments, mais ce sont ses dentelles aux petits fers qui firent sa gloire, notamment les célèbres « dentelles à l’oiseau ». Elles furent jugées plus fines que celles de Padeloup, dont il acheta d’ailleurs une partie des outils après son décès. 

A partir de 1780, Nicolas-Denis revînt à plus de sobriété et proposa des décors à chaînettes, d’inspiration anglaise. Néanmoins, l’irrégularité de la qualité des dorures issues de l’atelier de Nicolas-Denis Derome suggère que, face à l’afflux de commandes, le «phénix» employa plusieurs doreurs, voire sous-traita une partie de l’activité. Ainsi trouve-t-on, dans son inventaire après décès, près de 1035 fers et 12 alphabets, et, dans celui du doreur Germain-Antoine Cros, une dette active de la part de « Derome le Jeune » ainsi qu’un compte en cours avec lui pour travaux.Nicolas-Denis, dit « Derome le Jeune » décéda le 28 février 1790 et, si son atelier fût repris par un membre de la famille Bradel, il ne survécut pas à la disparition du talentueux «phénix».Si vous aimez les Derome, je leur ai consacré une petite étude: http://bibliophilie.blogspot.fr/2013/01/portrait-dune-grande-famille-de.html


Jean-Charles-Henri Lemonnier (1736? – 1776?)Relieur français ayant exercé à Paris, en activité de 1757 à 1776 environReçu maître le 9 mai 1757. Cité comme Relieur ordinaire du duc d’Orléans en 1759. Élu Garde de la Communauté le 10 mai 1769, il a assisté René-Martin Dudin dans la rédaction de son Art du Relieur doreur de livres, publié en 1772. Connu essentiellement pour la réalisation de reliures mosaïquées, au moins pour partie en association avec son père, il a aussi exécuté des décors à la dentelle.
Louis Douceur (? – 1769) est un relieur français actif entre 1721 et 1766. Son atelier était situé à Paris, rue d’Ecosse puis rue du Mont-Saint-Hilaire.
Libraire et relieur. Reçu maître le 14 octobre 1721. Garde du 11 septembre 1737 au 10 juin 1739. Il est connu par la réalisation de reliures à décor à la dentelle portant son étiquette, et tout particulièrement celles exécutées sur les exemplaires de luxe des Fables de La Fontaine publiées de 1755 à 1759, illustrées d’après les dessins de Jean-Baptiste Oudry, pour lesquels des fers animaliers furent spécialement gravés. Il a aussi exécuté quelques reliures à décor mosaïqué.

René-François Fétil  (172.-1799?) et un relieur français. Il exerça aussi l’activité de libraire.
D’une famille de relieurs, il aurait été apprenti du relieur parisien Antoine-Michel Padeloup. Reçu maître relieur le 1er août 1748. Gendre du relieur François Montgobert. Garde de sa communauté en 1762-1763. Accusé par la communauté des libraires de vendre des livres, il fait l’objet d’une saisie. Reçu libraire non juré le 4 oct. 1767. Publie le « Nouveau Spectateur » en 1775. Tient cabinet de lecture et « magasin de livres dépareillés » à réassortir. Publie plusieurs catalogues de sa librairie, de 1776 à 1791 au moins. N’est plus attesté entre fin 1791 et l’an VI (1797-1798)

Pierre Vente (1722-179.) est un libraire et relieur français.
Libraire ; libraire (-relieur et doreur) des Menus-Plaisirs (de la Chambre) du Roi (et des spectacles de Sa Majesté) (1753). – Fils d’un mercier de Verneuil-sur-Avre (Eure). Garçon relieur à Paris, il est embastillé pour vente de livres érotiques entre mai 1748 et mars 1750.
Nommé relieur des Menus-Plaisirs du Roi par brevet de déc. 1753, il est autorisé à vendre des pièces de théâtre aux heures des spectacles aux Comédies française et italienne (brevet du 1er avril 1758) malgré les protestations de la communauté des libraires et imprimeurs de Paris. N’est reçu officiellement libraire que le 17 mai 1764 après un apprentissage fictif commencé en mars 1762 et en vertu d’un arrêt du Conseil du 16 avril 1764. Reçu maire royal de Verneuil avant 1775. Exerce encore en 1792. Veuve attestée en 1794.
Léon Gruel disait de Pierre Vente qu’il « était un relieur de second mérite…. Il avait seul la fourniture de reliure des livres choraux liturgiques, de la musique de ballets et des comédies françaises et italiennes à l’usage de la cour, dont la plus grande partie se trouve encore actuellement à la bibliothèque de Versailles. Ce fut surtout un intrigant qui sut faire son chemin. »

H

La lettre du bibliophile

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Éloge du silence bibliophilique

Éloge du silence bibliophilique

Barthélémy d’Arcole classe le silence du bibliophile en cinq degrés, de la Révérence à la Pureté. Le vélin d’un missel de 1620 relève du deuxième, celui qu’on garde devant un livre qu’on possède et qu’on ne lira pas. Personne, dans le cabinet de la Guilde, n’a jamais écrit une ligne dessus.

par Barthélémy d’Arcole, Inspecteur des Mirages Marchands de la Guilde des Bibliopolicés.

Amis bibliophiles, bonjour.

Un soir d’automne, dans le cabinet lambrissé de la Guilde, deux membres conversaient à voix basse : Alcide Raturon, le voyageur des temps, et Achille Dandillot, chroniqueur passionné, plume vive mais cœur sensible.

Autour d’eux, la lumière tombait sur les reliures comme une pluie d’or ancien ; un exemplaire d’Uzanne reposait sur un guéridon, entre deux tasses de café refroidi.

I. Dialogue sur un silence troublant

— Alcide, soupira Achille, as-tu remarqué ?

Des centaines de lecteurs viennent lire nos articles sur bibliophilie.com. Les compteurs s’affolent, les pages s’ouvrent, les visiteurs affluent… mais pas un mot, pas une ligne en retour.

Pas même un “merci” ou un “formidable”.

J’ai l’impression d’écrire pour des fantômes bien éduqués.

Raturon, souriant doucement, ferma son livre sans le marquer d’un doigt.

— Mon cher Achille, ce que tu appelles absence est peut-être, au contraire, la forme la plus polie de la présence.

— Tu veux dire qu’ils nous lisent en silence par délicatesse ?

— Exactement. Le silence est, chez le bibliophile, une seconde nature. Il parle peu, mais il comprend beaucoup. Tu veux que je t’explique ?

— Je t’en prie, éclaire-moi.

— Alors écoute, et ne m’interromps pas : je vais te dire pourquoi ton absence de commentaires est en réalité un compliment discret.

Le discours entier est sur le site : les sept degrés du silence bibliophilique, la typologie des lecteurs muets, et l’aveu qu’Achille m’arrache à la fin, qu’un commentaire de temps à autre ne gâte rien.

II. Éloge du silence bibliophilique (discours d’Alcide Raturon)

On m’a souvent demandé pourquoi les bibliophiles ne lisaient pas toujours leurs livres.

Question naïve, mais touchante, comme celle d’un enfant qui demande pourquoi les papillons ne mangent pas les fleurs qu’ils butinent.

C’est qu’il y a, dans le geste de ne pas lire, une forme de dévotion silencieuse : le respect sacré de l’objet, la crainte de froisser la feuille, d’effacer la virginité du papier.

Le bibliophile aime le livre comme on aime un secret — en silence.

Et voilà qu’aujourd’hui, l’ère numérique, avec ses bavardages sans fin et ses notifications stridentes, nous reproche cette retenue.

“Pourquoi ne commentez-vous pas ?”, s’étonnent certains lecteurs modernes en scrollant sur bibliophilie.com.

Pourquoi ? Parce que vous êtes, amis bibliophiles, de la race ancienne de ceux qui tournent les pages avec lenteur, qui respirent entre les lignes, qui préfèrent le murmure à la clameur.

Votre silence, loin d’être un oubli, est un hommage.

III. Des lecteurs muets et des bibliophiles discrets

Le bibliophile ne parle pas.

Il soupèse, il contemple, il flaire.

S’il ouvre un livre, c’est pour en vérifier le froncement du papier, non la trame du récit.

Et s’il lit un article — disons, sur bibliophilie.com — il le lit avec la même intensité contemplative, la même pudeur qu’il met à tourner la page d’un in-octavo rare.

Certains auteurs, plus nerveux que patients, aimeraient voir des commentaires fleurir sous leurs chroniques comme des ex-libris au revers d’un titre.

Mais non. Rien.

Le silence.

Un silence impeccable, poli, glacé comme le vélin d’un missel de 1620.

Et je les entends, ces auteurs, soupirer doucement :

— “Ai-je été lu ?”

Oui, cher ami, tu as été lu, mais avec ce respect muet qui sied aux choses précieuses.

Ne rien dire, pour un bibliophile, n’est pas indifférence — c’est révérence.

Le commentaire serait comme une annotation en marge : un geste trop vif, presque impudique.

Les marges, c’est l’intime. On ne les profane pas d’un clic.

IV. Du silence comme marque de distinction

Il est des sociétés où l’on mesure la valeur d’un homme à son nombre de mots.

La nôtre fait partie de celles qui mesurent la délicatesse à l’économie des phrases.

Un bibliophile ne s’explique pas, il se laisse deviner ; il ne commente pas, il acquiesce silencieusement, entre deux respirations.

C’est, au fond, la politesse suprême.

Autrefois, dans les salons lettrés, le compliment trop sonore était considéré comme vulgaire.

De même, sur bibliophilie.com, le silence des lecteurs équivaut à un salut incliné, discret, presque galant.

Le bibliophile n’applaudit pas : il approuve de l’âme.

Car enfin, que serait le bruit dans un cabinet de lecture ?

Imaginez un homme s’écriant, au milieu d’un in-folio : “Ah ! Quelle belle reliure !”

Sacrilège.

De même, dans la bibliothèque numérique, tout commentaire tonitruant rompt l’incantation.

Vous lisez en silence parce que vous appartenez, sans le savoir, à l’Ordre des Lecteurs Muets.

V. Petite sociologie de la retenue

L’homme moderne s’exprime pour exister ; le bibliophile, lui, se tait pour être.

C’est une différence subtile, mais essentielle.

Le silence bibliophilique n’est pas un vide : c’est un espace de concentration.

Il n’est pas absence : il est présence pure.

Le lecteur de bibliophilie.com, tel un moine copiste numérique, lit dans la lumière bleutée de son écran, avec la gravité d’un bénédictin du clic.

Il ne laisse aucune trace visible — pas un pouce levé, pas un cœur, pas un mot.

Mais il conserve l’article dans un dossier secret, intitulé “À relire plus tard”, qu’il ne rouvrira jamais.

C’est sa manière d’aimer.

Et si, un jour, son navigateur devait s’effondrer, il serait pris d’un chagrin réel : la perte d’un texte qu’il n’avait pas commenté, mais qu’il savait là, disponible, comme un livre endormi dans une vitrine.

VI. De la peur d’abîmer la page

Pourquoi ce mutisme ?

Parce que chaque bibliophile craint d’altérer l’ordre fragile des choses.

Écrire un commentaire, c’est poser sa plume sur un parchemin déjà calligraphié.

On redoute la tache d’encre, le mot de trop, la maladresse.

Alors on se retient, on savoure, on s’efface.

Les lecteurs d’autres sites s’expriment bruyamment, mais vous, vous restez là, dans la retenue du collectionneur qui ne veut pas trop manipuler un exemplaire rare.

C’est votre noblesse.

Certains commentent comme on feuillette un livre de poche ; vous, vous gardez le silence comme on conserve un Alde dans sa boîte.

Il y a, dans le clic suspendu, une élégance.

C’est le même geste que celui du bibliophile devant un frontispice qu’il admire sans oser le toucher.

La souris tremble, l’index hésite ; puis rien.

Le respect triomphe.

Le commentaire ne sera pas posté.

Et c’est très bien ainsi.

VII. Théorie générale du non-commentaire

J’ai tenté, par curiosité scientifique, de classer les degrés du silence bibliophilique :

  1. Le Silence de Révérence.
    Celui du lecteur ému, qui n’ose rien dire tant il a aimé.
  2. Le Silence de Collection.
    Celui du bibliophile qui stocke les articles comme des volumes, pour le plaisir d’en posséder la série complète.
  3. Le Silence de Délégation.
    Celui du lecteur qui pense que d’autres commenteront à sa place.
  4. Le Silence Défensif.
    Celui qui craint de paraître pédant.
  5. Le Silence de Pureté.
    Celui de ceux qui considèrent que tout mot ajouté abîmerait la perfection du texte.

Ces cinq degrés forment la hiérarchie secrète des lecteurs du site.

Tous appartiennent à la même confrérie du silence.

VIII. Du commentaire comme faute de goût

J’ai un ami libraire — homme délicieux, esprit fin, mais bavard.

Chaque fois que je publie un article, il m’écrit pour me dire : “Ah ! Cette phrase est superbe !”

Je le remercie poliment, tout en ressentant une légère crispation.

Car il a, en commentant, brisé le charme du silence.

La parole, en matière bibliophilique, a la lourdeur du signet mal placé.

On l’accepte, mais on ne la recherche pas.

L’idéal serait que les lecteurs communiquent entre eux par le seul bruissement des pages tournées — ou, à défaut, par le soupir reconnaissant que l’on pousse après une belle lecture.

J’ai parfois imaginé un bouton secret : le “clic muet”, un geste invisible qui enregistrerait la gratitude du lecteur sans troubler la surface du texte.

Mais après réflexion, j’ai renoncé.

Le silence reste plus noble.

IX. L’art d’aimer en silence

Il existe mille façons d’aimer un livre : le lire, le respirer, le ranger, le restaurer, le photographier, ou simplement le savoir là.

Le silence fait partie de cet amour.

Car dire, c’est parfois réduire.

Les mots sont utiles pour écrire les livres ; ils le sont moins pour les remercier.

L’amour bibliophilique est un amour sans phrases.

Il s’exprime par la présence discrète, par la fidélité de la visite, par l’œil qui s’attarde et l’esprit qui s’envole.

Chaque lecteur silencieux est un veilleur : il maintient, sans le dire, la flamme de la lecture authentique — celle qui n’a pas besoin de se proclamer.

X. Louange finale du silence (et épilogue)

Alcide referma sa tirade d’un ton paisible.

Achille, songeur, remuait la cuillère dans sa tasse depuis dix minutes.

— C’est très beau, Alcide, murmura-t-il enfin.

Mais tout de même… un petit commentaire, de temps en temps, ça ne ferait pas de mal.

— Sans doute, répondit Alcide en souriant. Le silence est d’or, mais un mot gentil, de temps à autre, ne blesse jamais un auteur.

Et ils burent en silence — ce silence que seuls les vrais bibliophiles savent comprendre.

Barthélémy d’Arcole

Inspecteur des Mirages Marchands de la Guilde des Bibliopolicés

(et témoin attendri de la conversation entre Alcide et Achille)

6 Commentaires

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