Catalogue alphabétique pour bibliomane…

Juste un exemple d’un catalogue alphabétique reçu récemment :

Gail : Dialogues de Morts, etc. 1827
Gaillard : Echos des Monts-Jura, Plon 1910.
Gardin du Mesnil : Synonymes latins, etc. 1777.
Garneret : La Crèche et le Théâtre populaire, 1974.
Garreau : Description du gouvernement de Bourgogne, 1717.
Gastronomie : Le recettes de ma tante, Paris, 19ème.
Le catalogue fait 38 pages, pour 645 numéros, aucune image… A moins d’aimer le spiritisme autour d’une raclette préparée par sa tante, en communiquant uniquement avec les esprits en latin, le soir de Noël, en compagnie du président de la Région Bourgogne, je ne vois pas trop l’intérêt… Et ne me dites pas que ce genre de lecture vous passionne!

🙂

H

La lettre du bibliophile

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Truffer un livre au début du XXe siècle, la méthode directe, ou les échanges entre Anatole France, l’éditeur Pelletan et le bibliophile Adolphe Bordes

Truffer un livre au début du XXe siècle, la méthode directe, ou les échanges entre Anatole France, l'éditeur Pelletan et le bibliophile Adolphe Bordes

Amis Bibliophiles bonjour,
Une fois n’est pas coutume, je partage avec vous une acquisition récente, qui illustre parfaitement l’une des méthodes utilisées par les les bibliophiles pour truffer un ouvrage.
Nous connaissons tous la technique du truffage, qui consiste à interfolier des lettres ou des papiers divers, des gravures refusées ou provenant d’autres éditions, et que sais-je encore, des photographies, des cartes postales, tickets de pressing, billets de 500 euros, etc. Le plus souvent ceci se fait a posteriori… mais dans certains cas, rares selon moi, le projet est conçu dès l’édition de l’ouvrage ou presque. 
Dans le cas présent, la lettre d’Anatole France qui se trouve en début d’ouvrage décrit assez bien le processus: Adolphe Bordes, très grand bibliophile du début du XXe siècle faisant part à un éditeur, Pelletan, de son désir d’ajouter à son exemplaire (le n°1) une page manuscrite d’Anatole France à l’ouvrage avant de le faire relier par Marius Michel.
Image en haute définition, cliquez pour agrandirPelletan s’en ouvre à Anatole France, avec lequel il a eu le loisir de visiter la bibliothèque de Bordes, et Anatole France écrit à Bordes et l’assure de son accord. Finalement Bordes confie à Marius Michel le soin de relier la lettre d’accord de France, ainsi que la page de texte manuscrit.
Un bel exemple de la vie du microcosme rassemblant bibliophiles, éditeurs, auteurs et relieurs à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.
H
Le texte: »A Monsieur Adolphe Bordes,
J’apprends par Edouard Pelletan qu’il vous serait peut-être agréable d’ajouter à votre exemplaire des poèmes du Souvenir quelques lignes de moi. Flatté de ce désir, je vous envoie une page de ma main, qui entrera dans cette belle bibliothèque où vous avez rassemblé avec tant de savoir et de goût des livres si précieux et si rares, quand ils ne sont pas uniques. Je n’oublie pas que, en compagnie d’Edouard Pelletan, mon ami et le vôtre, vous m’avez accueilli gracieusement au milieu de vos nobles richesses; et je suis d’autant plus touché de la sympathie que vous m’avez témoignée, que je connais la hauteur de votre esprit et la générosité de votre caractère.
Anatole FranceParis, le 12 février 1911″   

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