Miscellannées de Monsieur H. : les librairies anciennes américaines et leurs « Suites », les ajustements nécessaires sur le blog, Les Echos…

Amis Bibliophiles bonjour,
J’espère que vous allez bien, je suis de retour d’un lointain voyage, ce qui explique les rares messages de cette semaine.
Eric, tu as raison, cette formule ne convient pas, il faut que je trouve une autre façon de satisfaire tout le monde, peut-être le message ebayana hebdomadaire doit-il tout rassembler et ce sera suffisant, je vais y réfléchir pendant mes vacances pour proposer une nouvelle version. 
Cher A.M., je suis plutôt d’accord avec Benoît: ebay est une cour des miracles, c’est vrai, mais on y trouve parfois des perles, et d’excellents libraires y officient. Du reste, tout le monde est d’accord pour dire qu’aujourd’hui tous les libraires, même les plus importants, achètent ou même vendent sur le site. En ce qui concerne les descriptions, c’est comme dans les autres endroits où l’on vend des livres (librairies, marchés, salons, salles des ventes, etc.), il y a de bonnes descriptions et des mauvaises. J’ai déjà par exemple constaté des erreurs grossières dans les notices de libraires très importants. Mais d’ailleurs, ce débat est clos depuis longtemps me semble-t-il… 🙂
Une fois n’est pas coutume, j’ai profité de mon voyage pour visiter quelques libraires de la belle ville de San Francisco. Les livres français y sont assez rares mais le plus étonnant à mes yeux reste les librairies physiques de ces mégalopoles américaines: le plus souvent, il s’agît d’appartements ou de bureaux, dans des immeubles de bureaux, parfois même des gratte-ciels. Nos cousins les appellent « Suites ». Cela mène parfois à des situations cocasses: alors que, adresse en main, vous cherchez une jolie librairie, comme celle de Pierre par exemple, l’adresse correspond à un building. Il faut entrer, demander au réceptionniste le bon étage, monter au 17ème… chercher les bureaux qui correspondent à la librairie. Je me suis ainsi retrouvé il y a quelques jours à l’étage d’un immeuble de bureaux, qui abritait des banques, des start-ups, dans un couloir qui desservait trois bureaux d’une centaine de mètres carrés, dont chacun était occupé par une librairie.

Mais le livre triomphe toujours et je voue avoue que même si le décor – extérieur – désoriente quelque peu, une fois que vous avez franchi le pas de la porte, vous avez immédiatement le sentiment habituel et rassurant qui s’empare de vous en entrant dans une librairie, partout dans le monde.
Je suis reparti de cette visite avec un ouvrage, auquel je fais retraverser l’Atlantique :). Cher A. M., j’ai même profité de cette semaine pour acheter deux ouvrages sur ebay, l’Art d’aimer de Bernard (1775), avec les gravures d’Eisen, en plein maroquin rouge (250 euros, ce qui me semble vous en conviendrez, fort honnête) et un ouvrage renfermant une petite curiosité que je vous livre ci-dessous:

Il avait donc probablement fait l’objet d’un pillage par les troupes allemandes pendant la seconde Guerre Mondiale, avant d’être intégré à la bibliothèque de Francfort, puis d’être restitué
Autre temps, autres moeurs, Les Echos s’intéressent au livre ancien, sous la plume de Colette Sabarly (http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201795251431-livres-anciens-une-affaire-de-specialistes-264023.php)… et sous l’angle spéculatif:

En matière de livres anciens, la clientèle, plutôt âgée, recherche surtout des oeuvres de la littérature des XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles. Ce sont généralement des collectionneurs qui basent leur achat sur une thématique (architecture, botanique, érotisme, gastronomie). Des livres au demeurant pas toujours inabordables. « Une édition d’Erasme peut s’acquérir 300 euros », note Olivier Devers, directeur du département livres anciens chez Artcurial.
La valeur du livre dépend essentiellement de sa rareté et de sa qualité. « Les grands textes classiques des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles signés de grands auteurs (Rabelais, Rousseau…) sont très recherchés surtout s’ils offrent de luxueuses reliures », indique Christoph Auvermann du département livres de Christie’s.
Pour autant, la cote des livres anciens n’est pas spéculative et reste assez stable. Les ouvrages modernes (XX e) offrent forcément un choix plus large et, dans une optique de placement, il faut être très sélectif. Parmi les auteurs en vogue : Georges Perec, Patrick Modiano, Samuel Beckett, Jean-Paul Sartre, Blaise Cendrars, Le Clézio… S’il possède une belle reliure, cela ajoute à sa valeur car c’est plus rare que sur les livres anciens. « Une édition en grand papier (édition limitée) de « La Vie mode d’emploi », de Georges Perec, s’est récemment vendue 20.000 euros », indique Olivier Devers.
Et si le livre est annoté ou dédicacé de la main de l’auteur, son prix s’envole. Chez Blaise Cendrars, par exemple, tout ce qui a été écrit avant son amputation du bras droit pulvérise les ventes. « A titre d’exemple, un tirage de tête de « Moravagine » estimé entre 3.000 et 5.000 euros, qui portait envoi à sa femme de sa main, est parti à 15.000 euros. » Même chose, pour les manuscrits et autographes qui suscitent aussi l’engouement. Depuis une dizaine d’années, leur cote s’envole. Une lettre de Proust, qui se vendait 3.000 euros au début des années 2000, s’échange aujourd’hui de 15.000 à 20.000 euros. En cas de revente, la taxation est la même que pour les objets d’art et d’antiquité.
H

2 Commentaires

  1. Les autographes sont effectivement très recherchés en ce moment, cf la vente de la semaine dernière chez Piasa par exemple, avec un billet à ordre signé par la reine Marie-Antoinette qui est parti à plus de 6.000 euros, une lettre de Louis XVI partie pour 22.000 euros et j'en passe…

  2. Et moi j'ai vu une lettre de Louis XV adressée à l'électeur de Bavière à propos de son mariage avec Marie Leszcynska partir pour 1550 euros. Il est vrai qu'on attend toujours un film de Sofia Coppola sur la Pompadour….
    Sic transit…
    Olivier

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