Bibliophilie et Sciences: transactions philosphiques de la Société Royale de Londres

Amis Bibliophiles bonsoir,

Dans des billets précédents , je vous ai parlé de deux périodiques scientifiques français : le Journal des Sçavans et les Mémoires de l’Académie des sciences de Paris. Le premier journal scientifique anglais a pour titre « Philosophical Transactions ». Il rend compte des travaux de la Société royale de Londres, l’équivalent de notre Académie des Sciences de Paris. Le premier volume paraît en 1665. Parmi les premiers auteurs on trouve bien sur Isaac Newton dont le premier mémoire Nouvelle théorie au sujet de lumière et de couleurs est publié en 1672.
Jusqu’en 1731 seuls quelques extraits furent traduits dans les journaux scientifiques français. Le physicien François de Brémont puis le médecin Pierre Demours se chargèrent de la traduction complète des volumes à partir de 1731. Les traductions cessèrent en 1744. L’ensemble de ces traductions se présente sous forme de sept volumes in-4. Patiemment, j’ai réussi à compléter une série.
.Transactions philosophiques de la Société Royale de Londres
Paris, Piget, puis Le Breton, David l’Aîné, Le Breton et Durand. 1741, 1741, 1740, 1740, 1738, 1738, 1757, 1759, 1757, 1757, 1760, 1758, 1760. Année 1731 : frontispice, X, 304 pp – Année 1732 : VIII, 323 pp,16 pl.Année 1733 : frontispice, VIII, 280 pp – Année 1734 : VII, 340, 16 pp, 1 carte aquarellée, 11 pl.Année 1735 : frontispice, (6) pp, pp III à VI, 192 pp – Année 1736 : (2), VIII, 302, 15 pp, 13 pl.Années 1737 et 1738 : LX, 539 pp, 12 pl.Année 1739 : (4), VIII, 214, (1) pp, 5 pl – Année 1740 : VIII, 279 pp, 8 pl.Année 1741 : XII, 359, (1) pp, 12 pl – Année 1742 : (7) pp, pp IV à XII, 310, (1) pp, 9 pl.Année 1743 : (4) pp, pp V à XII, 377, (1) pp, 18 pl – Année 1744 : (4), X, 343, (1) pp, 8 pl.




On trouve dans ces volumes les premiers travaux des membres de la Société Royale sur l’électricité. Gray fait la distinction entre conducteurs et isolants et découvre le phénomène d’influence. Desaguliers classe les corps en deux catégories, les corps électrifiables par frottement et ceux non électrifiables qu’il nomme à tort « conducteurs et non conducteurs ». Le deuxième tome est bien complet de la carte dépliante coloriée des « lieux où les longueurs du pendule à secondes ont été observées ».

Les nombreuses planches sont très fines.

En 1739, Brémont fait paraître une tables des transactions philosophiques pour les années 1665 à 1735.
Paris, Piget. 1739.1 volume in-4 ; frontispice, (10), 296 pp. – (2), VI pp, pp 3 à 461, (3), LXXIV, (2) pp

Entre 1789 et 1791, Jacques Gibelin (1744-1828), docteur en médecine, entreprend, la traduction et l’édition des articles les plus importants des 75 premiers volumes des Philosophical Transactions. Les tomes 1 et 2 contiennent l’histoire naturelle (volcans, tremblements de terre, curiosités naturelles, évènements extraordinaires, fossiles, pétrifications, zoologie. Les tomes 3 et 4 contiennent la physique expérimentale par M. Reynier. Le tome 5 contient la chimie par M. Pinel. Le tome 6 contient l’anatomie et physique animale par M. Pinel. Le tome 7 contient la médecine et chirurgie par M. Pinel. Les tomes 8 et 9 contiennent la matière médicale et pharmacie par MM. Wilmet et Bosquillon. Le tome 10 contient les mélanges, observations, voyages par A. L. Millin de Grandmaison. Le tome 11 contient les antiquités et beaux arts par M. Millin de Grandmaison. Le tome 12 contient les antiquités, beaux arts, inventions et machines. Les tomes 13 et 14 contiennent la botanique.
Abrégé des transactions philosophiques… physique expérimentale.Paris, Buisson. 1790.1 volume in-8 ; (4), 468 pp, 4 pl. – (4), 472 pp, 4 pl.

Ce volume, formé de deux tomes, constitue la quatrième partie de la collection. Il contient la totalité de la physique expérimentale. La sélection d’articles est due à Jean Louis Antoine Reynier (1762-1824).
Abrégé des transactions philosophiques… chimie. anatomie et physique animale.Paris, Buisson. 1791-1790.1 volume in-8 ; (4), XVI, 514 pp. – (5) pp, pp VI à XX, 476 pp, 1 pl.


Aujourd’hui, les scientifiques français se sont tous mis à l’anglais : plus besoin de traduction.
Bernard

La lettre du bibliophile

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Bibliophilie et Sciences: l’Abbé Bertholon et l’électricité

Bibliophilie et Sciences: l'Abbé Bertholon et l'électricité

Amis Bibliophiles bonjour,
Je suis actuellement en voyage à l’étranger, aussi je vous propose de retrouver ce soir un article de Bernard sur L’Abbé Bertholon.
« Je vous ai déjà parlé d’un abbé électricien, l’abbé Nollet. Un confrère moins connu a consacré sa vie à des recherches sur le même sujet.
L’Abbé Pierre Bertholon (1741-1800) enseigna la physique à Montpellier puis à Lyon. Ami de Franklin, il encouragea l’installation des premiers paratonnerres à Paris et participa au « procès du paratonnerre » à Arras. En 1780, un avocat de Saint-Omer, Monsieur de Vyssery de Bois-Vale, avait fait poser un paratonnerre sur le toit de son logis. Pour montrer à ses concitoyens qu’il était ridicule de considérer la foudre comme un châtiment des dieux, cet esprit « éclairé » avait demandé à ce que son paratonnerre eût la forme d’un glaive pointé vers le ciel. 
La municipalité de Saint-Omer prit peur : l’impiété notoire de ce bourgeois tout pénétré des idées philosophiques du temps allait certainement attirer sur la ville quelque châtiment divin exemplaire. Monsieur de Vyssery reçut l’ordre de défaire son installation. Celui-ci ne se tint pas pour battu. Il porta l’affaire devant le tribunal d’Arras. 
Maximilien Robespierre (1758-1794), jeune avocat stagiaire, fut chargé de plaider le dossier. Il fit appel aux travaux de Franklin qui prouvaient qu’on pouvait détourner la foudre par un paratonnerre. Monsieur de Vyssery gagna son procès le 31 mai 1782. La plaidoirie de Robespierre a été publiée à Arras dès 1782 : « 
Enfin, l’invention des paratonnerres est la plus heureuse découverte qu’on ait faite dans ce siècle. Loin d’être dangereuse en elle même, comme on l’a annoncé aux échevins de Saint Omer, elle est, au contraire, une des plus utiles à l’humanité ». Robespierre profita de ce succès pour se lancer dans la politique.
MÉMOIRE SIGNIFIÉ POUR M. CHARLES-DOMINIQUE DE VYSSERY DE BOIS-VALE… CONTRE LE PETIT BAILLY DE LA MÊME VILLE…Arras. Imprimerie de Michel Nicolas. 1782. 1 brochure in-8 ; 96 pp.Les trois ouvrages de Bertholon sur l’électricité sont les suivants :DE L’ÉLECTRICITÉ DU CORPS HUMAIN DANS L’ÉTAT DE SANTÉ ET DE MALADIE…Lyon, Bernuset. 1780. EO. 1 volume in-12 ; XII, 541, (3) pp. L’Académie de Lyon propose en 1777 pour le sujet du prix qu’elle a donné le 7 décembre 1779, cette question : Quelles sont les maladies qui dépendent de la plus ou moins grande quantité de fluide électrique dans le corps humain, et quels sont les moyens de remédier aux unes et aux autres ? Ce prix est attribué à Bertholon ; le mémoire couronné constitue la seconde partie de cet ouvrage. La première partie étudie les effets de l’électricité atmosphérique sur l’organisme en bonne santé. L’ouvrage contient également un tableau étudiant pour l’année 1773 la corrélation entre les accès périodiques d’un maniaque, les conditions climatiques et la position de la lune. Un autre tableau statistique montre l’influence des variations de l’atmosphère (elles aussi liées à l’électricité) sur le nombre des décès, des morts subites, etc.
« On ne doit pas s’imaginer que toutes les maladies soient du ressort de l’électricité; car il n’y a pas de remède universel. [Pour connaître les cas qui relèvent de l’électricité] il faut s’instruire des cures qu’ont faites les médecins et les physiciens » … Et l’abbé Bertholon d’en citer plus d’une quarantaine en faveur de l’électricité médicale. Parmi les multiples effets bénéfiques qu’il relève, l’électricité semble triompher du « défaut de virilité ».
Cet ouvrage a paru la même année à Paris, chez Didot (même collation). Une seconde édition a paru en 1786 en deux volumes.
DE L’ÉLECTRICITÉ DES VÉGÉTAUX… Paris, F. Didot. 1783. EO. 1 volume in-8 ; XVI, 468, (2) pp, 3 pl, 1 tableau. Cet ouvrage résume les premières recherches sur l’influence de l’électricité sur la croissance des plantes. Il est divisé en trois parties :
1ère : De l’influence de l’électricité de l’atmosphère sur les végétaux :De l’existence du fluide électrique dans l’atmosphère ; l’influence de l’électricité de l’atmosphère sur les végétaux , prouvée par leur analogie avec les animaux ; Dans lequel on établit l’influence de l’électricité de l’atmosphère sur les végétaux , par celle des météores , qui font des phénomènes produits par le fluide électrique ; influence du tonnerre & de la pluie d’orage sur les plantes ; influence de la neige et de la grêle sur les végétaux ; de la grande quantité d’eau que fournissent à l’atmosphère les mers , les fleuves , les terres , les végétaux , etc qui sert de milieu conducteur à l’électricité naturelle qui règne dans l’air , etc
2ème : Des effets de l’influence de l’électricité atmosphérique sur les végétaux :L’électricité de l’atmosphère a une influence sur la production des fleurs & des fruits des divers végétaux ; effets de l’influence de l’électricité naturelle sur la respiration des végétaux ; des effets de l’électricité sur le mouvement des plantes ; du fluide électrique fixe , considéré dans les végétaux , etc
3ème : Moyen de remédier au défaut dans la quantité d’électricité naturelle , relativement aux végétaux ; de quelques insectes nuisibles aux végétaux & des moyens que l’électricité fournit pour les détruire ; des maladies des végétaux , des moyens d’en guérir plusieurs par l’électricité & de la méthode de les électriser etc Un tirage identique a été publié la même année à Lyon, chez Bernuset.DE L’ÉLECTRICITÉ DES MÉTÉORES…Lyon, Bernuset. 1787. EO. 2 volumes in-8 ; XXVIII, 446 pp. – (4), 391, 3 pp, 6 pl. L’auteur entend par météores tous les phénomènes météorologiques. Il s’agit donc d’un traité sur l’électricité atmosphérique. Bertholon rapporte les expériences de d’Alibard, Romas, Beccaria, etc.
Je vous conseille la lecture de l’ouvrage de Jean-Paul Poirier: L’abbé Bertholon – Un électricien des Lumières en province.
Merci Bernard,
H

7 Commentaires

  1. Pour Benoît
    Ce dispositif sert à remettre en place les os du bras déboités (1743).
    "Le malade étant déshabillé jusqu'à la ceinture, on le place dans le fauteuil … on soulève le levier garni de son brassard… Lorsque le bras est bien assujetti … le chirurgien se place derrière le malade …. L'aide auquel il a confié l'extrémité du levier le fait agir suivant ses ordres…"
    Le malade n'a pas l'air très rassuré!

  2. Bravo c'est un bel ensemble… Dites-moi Bernard, que représente donc l'avant-dernière planche ??? Qu'arrive t-il au bras de ce pauvre cobaye ? C'est assez fascinant en tous cas, moi qui suis un pur littéraire à l'origine, suis de plus en plus attiré par les sciences à mesure que je plonge dans la bibliophilie… Merci…
    Benoît P.

  3. Il est amusant de constater que l'anglicisme transactions est une mauvaise traduction de ce que voulaient être ces ouvrages Des procès-verbaux ou compte-rendus des exposés de la Société Royale de Londres.

    Aujourd'hui, le Journal des Sçavans serait écrit en anglais, c'est probable.

    Les illustrations semblent de toute beauté. Félicitations, Bernard, pour avoir réuni toutes ces traductions et pour nous les avoir fait découvrir. Pierre

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