Le meurtre du relieur parisien, une enquête de Hélène Vasseur.

Le Supplément du Petit Parisien du dimanche 19 juin 1910 coûtait cinq centimes et montrait en couverture un relieur, la tête sous son massicot. Il s’appelait Stanislas Ruffin, avait 53 ans et travaillait rue de l’Amiral-Roussin, où je suis allé avec le Dr Hélène Vasseur, médecin légiste.

Amis bibliophiles, bonjour.

Par Alcide Raturon, secrétaire perpétuellement provisoire de la Guilde, chargé des comparaisons fâcheuses, des enthousiasmes défensifs et des statistiques qu’on consulte en fronçant les sourcils.

Hélène Vasseur est médecin légiste (et commissaire). Elle dépose régulièrement ses dossiers à la Guilde, ce qui donne à nos deux services un air de parenté que ni elle ni moi n’avons demandé.

Et elle a posé un jour de congé sans dire à son institut pour quoi faire: elle a accepté mon invitation avec l’air de quelqu’un qui accepte un verre pour ne pas discuter. Elle ne croit pas aux voyages dans le temps ; elle croit moins encore aux hypothèses de bureau, qu’elle appelle des hypothèses de bureau.

J’avais besoin d’elle pour cette double incrédulité. Quand on fréquente les ateliers de relieurs depuis aussi longtemps que moi, on y voit des maroquins, des dos à nerfs, des fers à dorer, et l’on ne voit plus la pièce. Il me fallait quelqu’un dont le métier consiste à entrer dans une pièce où un homme est mort et à comprendre avant toute autre chose ce qui s’y est passé.

La couverture du Petit Parisien traînait sur mon bureau depuis des semaines. Un atelier sous une charpente, des chutes de cuir et de papier répandues sur le plancher, une machine à volant, et en travers de la machine un homme en veste brune, la tête posée sur le plateau, le sang qui coule en nappes rouge orange sur le bois ; à la porte, un monsieur en canotier tend le bras et retient par l’épaule un jeune homme.

Couverture en couleurs du Petit Parisien de 1910 montrant un atelier de reliure
Le Petit Parisien, Supplément littéraire illustré, dimanche 19 juin 1910. Source : BnF/Gallica.

Dessous, en capitales : UN RELIEUR SE GUILLOTINE AVEC UN « MASSICOT ». À l’intérieur du numéro, la chronique donne les noms. Le patron, M. Stanislas Ruffin, célibataire, a été trouvé par ses deux ouvriers, Philippe Cordebaigt et Antoine Lassouche, au 37 de la rue de l’Amiral-Roussin ; le journal le dit affolé par le mauvais état de ses affaires, et le commissaire du quartier Necker, M. Cœuille, a procédé aux constatations d’usage.

Les quotidiens du samedi 4 juin, que la Guilde garde en liasse, ne s’accordaient déjà pas entre eux : Le Journal donnait un patron de 53 ans affolé par ses affaires, Le Matin et Le Figaro un ouvrier de 52 ans atteint de neurasthénie, qui travaillait là « d’ordinaire » parmi « les autres ouvriers ». Deux morts au choix dans le même atelier. J’ai suivi Le Journal, parce que le Supplément le suivait. Nous étions cinq mois après la crue de janvier, qui avait mis tant de caves sous l’eau et gonflé tant de stocks de papier et de cuir ; l’hypothèse d’un artisan étranglé par l’échéance tenait debout. Je n’ai aucun chiffre sur les relieurs ruinés de 1910 et je ne prétends pas en avoir : mon hypothèse valait ce que valent les hypothèses d’un statisticien sans statistiques.

Nous sommes arrivés le vendredi 3 juin 1910 à 7 h 05, par la voie ordinaire, que le règlement de la Guilde m’interdit de décrire et que je serais bien en peine d’expliquer.

Le Supplément ne donnait pas le jour, il disait « il y a quelques jours » ; les quotidiens du samedi 4, eux, disaient « hier matin ». Va pour le vendredi, qui est un jour comme un autre pour mourir. Hélène a regardé sa montre, puis la rue, puis les chevaux, et elle a dit « bon » du ton dont elle le dit quand on lui annonce un corps. Elle a ouvert un carnet à couverture noire qu’elle n’a pas quitté de la matinée, et elle a écrit l’heure. On nous a reçus dans la cour comme on reçoit, en pareil jour, deux personnes bien mises : pour des parents ou pour des créanciers, et nous avons été l’un et l’autre selon l’interlocuteur.

La rue de l’Amiral-Roussin sentait le charbon et la colle de farine. L’atelier occupait le fond d’une cour, et le corps n’avait pas été déplacé. Je ne le décrirai pas, la couverture le montre assez, avec un soin que le dessinateur, qui n’y était pas, doit au récit d’un reporter.

Les deux ouvriers se tenaient près de la porte, le chapeau à la main, et répétaient, l’un après l’autre, la même phrase sur la manière dont ils avaient reculé. Un troisième homme se tenait avec eux, très droit, un canotier sur la tête : M. Anatole Pradel, libraire du quai Voltaire, venu à l’ouverture chercher un volume confié à M. Ruffin pour la reliure.

Le commissaire Cœuille est arrivé peu après avec un inspecteur et un carnet, lui aussi. Il avait l’air d’un homme à qui l’on avait promis une affaire courte. Il a écouté M. Pradel, il a écouté les ouvriers, il a lu le papier trouvé sur l’établi, trois lignes à l’encre, « Je n’en peux plus. Pardonnez-moi. S. Ruffin », et il a prononcé le mot que la presse allait reprendre. Suicide. J’ai hoché la tête. Les statisticiens sans statistiques hochent la tête quand ce qu’ils entendent confirme ce qu’ils avaient lu la veille. Je ne reproche rien au commissaire : il avait sous les yeux un patron en difficulté, un papier d’adieu et une machine, et il a fait ce que l’on fait devant cela.

Hélène, elle, avait fait le tour de la pièce sans rien toucher, les mains dans les poches, ce qui est le premier geste de son métier et le dernier de celui des relieurs. Elle s’est présentée au commissaire comme docteur en médecine. Il a pris cela pour une excentricité de famille, et il l’a laissée approcher du corps parce que le médecin du quartier n’était pas encore là et que le commissaire avait faim. Elle a posé le dos de la main sur la mâchoire, soulevé un bras, l’a reposé, regardé l’autre. Elle a écrit une ligne. « Mort depuis hier soir, m’a-t-elle dit à voix basse, entre sept et dix heures. Pas ce matin. » Je lui ai fait observer que les ouvriers l’avaient trouvé ce matin. « Ils l’ont trouvé ce matin, a-t-elle répondu. Mais il est mort hier soir »

Elle a levé les yeux vers le plafond. Une transmission courait sous la charpente, un long arbre de fer, et de cet arbre une courroie descendait jusqu’au massicot, que le journal dit actionné par une force motrice. Hélène m’a demandé où elle était, cette courroie. J’ai regardé : elle était passée sur la poulie folle, celle qui tourne dans le vide et laisse la machine au repos. « Il se tue, a dit Hélène, la lame tombe, et après il débraye. » J’ai défendu mon hypothèse pendant dix minutes : il avait débrayé avant. « Débrayée avant, la lame ne tombait pas. Débrayée après, il n’était plus là pour le faire. » Elle a refermé son carnet sur cette phrase.

Le commissaire m’a tendu le papier comme on tend un reçu à un homme qui a l’air de s’y connaître, ce qui est le seul avantage de mon visage. J’y ai vu ce qu’il n’avait aucune raison d’y voir. Le papier n’était pas une vulgaire feuille. C’était un feuillet de garde, vergé, jauni, avec au bord la pointe d’un filigrane, arraché d’un livre. Le livre était sur l’établi : un petit in-12 sous sa couverture de parchemin, dont le premier blanc manquait. Le Pastissier françois, Amsterdam, chez les Elzevier, 1655 ; un livre de cuisine, et l’un des Elzévirs que les amateurs ont toujours couru. Les annales des ventes en ont fait le plus cher de tous : un exemplaire trouvé pour 6 sous par Fontaine de Resbecq en 1856, un autre adjugé 2 910 francs chez Potier en 1870, un troisième poussé à 3 255 francs à la vente Benzon en 1875 ; Willems n’en comptait qu’une trentaine. En 1910, un bel exemplaire représentait dans les deux ans de la paie de Cordebaigt. C’est M. Pradel qui l’avait apporté en reliure.

Je me suis senti offensé avant de me sentir éclairé. Un relieur qui veut mourir a toutes les raisons du monde ; il a aussi, sur ses rayons, des ramettes de papier ordinaire, et il n’arrache pas le feuillet blanc d’un Elzévir qu’un client lui a confié. L’idée même est étrangère à son métier, qui consiste à ne pas faire cela. Hélène, à qui j’ai montré l’arrachement, l’a dit autrement : « Celui qui a écrit ça n’est pas du métier. »

Elle a pris Philippe Cordebaigt à part, sur le seuil, et je l’ai laissée faire, parce qu’un ouvrier n’a pas les mêmes choses à dire devant son commissaire que devant quelqu’un qui l’écoute en prenant des notes. Elle posait ses questions dans l’ordre de la matinée, minute par minute, comme on déroule un fil. Les ouvriers avaient la clef de la porte du fond ; ils étaient arrivés un peu avant sept heures, en même temps que M. Pradel, qui attendait dans la cour ; M. Pradel avait pris la poignée avant eux, dit « N’entrez pas, messieurs », et les avait retenus du bras, comme sur le dessin. « Il a dit ça avant ou après avoir vu ? » a demandé Hélène. Cordebaigt a réfléchi longtemps, avec cette conscience des gens à qui l’on demande un ordre exact. « Avant, a-t-il dit. La porte n’était pas ouverte d’un pouce. »

Le livre de commandes était sous le coude de la machine. Personne ne l’avait ouvert : les commissaires lisent les lettres d’adieu, et ce sont les relieurs qui lisent les livres de commandes. Hélène l’a ouvert avec un mouchoir, à la dernière page écrite. La dernière ligne, de la main du patron, la même que celle de ses étiquettes, ce que Cordebaigt, qui la lisait tous les jours, a confirmé avant moi, disait : « Pastissier de M. P. Un exemplaire fait de deux : cahiers du milieu d’un autre, marges refaites à la pâte sur dix feuillets. Refusé de signer la reliure. Écrire à l’acheteur. »

Pour ceux qui ne fréquentent pas les Elzévirs : le livre se juge à la hauteur de ses feuillets, et des marges refaites à la pâte le grandissent sans que le regard s’en doute. Une signature dorée en queue de dos garantit le reste (ou pas, c’est vrai, mais nous somes en deuil, soyons sympa avec les relieurs).

Entre l’exemplaire fait de deux et l’exemplaire grand de marges et signé, l’écart se comptait en années de salaire ; entre l’exemplaire signé et la lettre que Ruffin voulait écrire à l’acheteur, il y avait, pour un libraire du quai Voltaire, la correctionnelle. M. Pradel avait besoin du nom de Ruffin comme on a besoin d’un témoin de moralité, et il avait apporté à un homme dont le nom faisait foi deux livres pour en faire un. L’homme avait refusé, ce qui était la seule chose que M. Pradel n’avait pas prévue, et il avait annoncé qu’il écrirait à l’acheteur, ce qui l’a mis, à l’heure que le carnet d’Hélène donnait pour sa mort, sous une lame qui n’attendait qu’un déclic et un témoin qui débraye.

« C’est un meurtre », a dit Hélène. Elle l’a dit dans la cour, sans élever la voix, le dos à l’atelier, comme elle dit sans doute à ses internes que le café est froid. J’avais tort. Je le lui ai dit, elle a répondu qu’elle avait entendu pire de la part de gens qui avaient raison.

« On tue rarement pour un livre, a-t-elle ajouté. On tue pour l’argent. Et quand il y a un livre, l’argent n’est jamais loin »

J’ai alors invoqué le règlement de la Guilde, qui est net : le voyageur temporel observe, il ne s’interpose pas, et il n’explique pas à la police de 1910 qu’elle se trompe. Elle m’a regardé comme elle regarderait le vide. « Alors vous rapporterez », a-t-elle dit. C’est ce que je fais. Elle a rédigé, pour sa part, un rapport de dix lignes que personne ne lira et qu’elle a refusé de me montrer, ce que je comprends.

M. Pradel, sur le seuil, rajustait son canotier. Le commissaire Cœuille a procédé aux constatations d’usage, comme le journal le dit, et le Petit Parisien a imprimé l’article le dimanche, pour cinq centimes. Quant au Pastissier françois, il est sorti de l’atelier relié par un successeur, avec le nom de Ruffin doré en queue de dos. Un catalogue de 1924 le donne pour grand de marges et signé. Il est signé : Ruffin avait refusé de le faire.

GUILDE · AR/MASSICOT

La lettre du bibliophile

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La bibliophilie par l’exemple : “Baba-Diène et Morceau de Sucre”, par Claude Aveline, illustré par Jean Bruller (Paris, N.R.F., 1937)

La bibliophilie par l’exemple : “Baba-Diène et Morceau de Sucre”, par Claude Aveline, illustré par Jean Bruller (Paris, N.R.F., 1937)

Amis Bibliophiles bonjour,
Certains livres marquent le parcours d’un bibliophile, c’est le cas de celui que je vais évoquer  aujourd’hui. 
Il n’est pas extraordinaire, il n’est pas de grande valeur, mais il est peu courant et surtout, il appartient au patrimoine intime et au parcours de découvertes qui fondent mon amour des livres… Il est entré dans ma bibliothèque, un peu par hasard, au moment où je commençais à devenir vraiment un “bookman” ! Il est, aussi, représentatif du type d’ouvrage que je préfère, celui que l’on désigne sous le nom d’illustrés modernes…
C’est également l’occasion d’évoquer un “livre pour enfant”, catégorie peu évoquée sur ce blog fréquenté par de doctes et savants érudits, parfois austères, plutôt amateurs de maroquins rouges (ou citron, suprême fantaisie) sur des E.O. de moralistes du 17e, voire de vélins dorés ornant des post-incunables illisibles…


Il s’agit, donc,  de “Baba-Diène et Morceau de Sucre”, écrit par Claude Aveline et illustré par Jean Bruller, qui est plus connu sous son nom de plume, Vercors, (cf. notamment son ouvrage “Le Silence de la Mer”, initialement paru dans la clandestinité, sous l’occupation, aux Editions de Minuit alors naissantes). 
Ce charmant petit ouvrage nous livre le récit des aventures entre un jeune blanc et un jeune noir africain, nourri d’un esprit de tolérance, publié à l’heure où les remous du post-colonialisme agitaient encore largement la société française… 
Il s’agit d’une édition originale illustrée, publiée par la N.R.F. en 1937… Contrairement à nombre d’ouvrages de ce type, qui reprenaient un texte déjà publié en l’illustrant, il s’agit bien ici de l’E.O. (ce qui est donc relativement rare quand on parle d’illustrés modernes).
Les illustrations de Jean Bruller sont toutes en noir, à l’exception des plats de couverture, des lithographies très joliment colorées. L’ensemble est plutôt naïf, charmant, enfantin, mais une belle unité règne entre  le texte et l’oeuvre picturale…
Ce livre fut, selon mes recherches, utilisé par l’Alliance Française de Tokyo, afin de servir de support à l’apprentissage du français au Japon. Les informations sur ce sujet ne sont pas formellement établies, mais un ancien responsable de l’A.F. nous l’a affirmé ! Jacques Desse (Librairie “Les Libraires Associés”) et Alban Cerisier (B.N.F.), dans leur remarquable somme : “De la jeunesse chez Gallimard, 90 ans de livres pour enfant”, N.R.F. 2008, n’évoquent pas cette hypothèse… 
Ce qui rend cet exemplaire singulier et donc, modestement, “bibliophile” ? Il s’agit d’un des 57 exemplaires sur Alfa, seul tirage en grand papier… Le papier Alfa, qui est le “grand papier du pauvre” est ici plutôt flatteur, puisqu’il s’agit d’un “Alfax Navarre”, filigranné au chiffre de la papeterie éponyme, c’est à dire un des Alfa de la meilleure qualité. On ne trouve d’ailleurs aucune rousseur sur les pages de cet exemplaire.

Il est relié dans une modeste demie-basane verte, mais avec goût, dans des teintes qui correspondent aux tons des plats de couverture, avec une jolie pièce dorée du titre et de l’auteur au dos, sur basane maroquinée. Il est d’autre part enrichi d’un envoi autographe signé de Jean Bruller à un bibliophile.
Bibliophile dont on retrouve… pas moins de trois ex libris ! Deux gravés, l’un héraldique (par le dessinateur symboliste Robert Louis), l’autre coquin, les deux contrecollés sur le premier contreplat, et un timbre humide circulaire, héraldique (de Robert Louis également) sur la page de titre… Oui, trois ex libris du même sur un ouvrage… Ce bibliophile est la personne qui a fait relier l’ouvrage. Le même a interfolié entre les gardes la nécrologie de Jean Bruller, découpée dans une livraison du Figaro.


Il est dans un état de fraîcheur irréprochable, les tranches sont proprement mouchetées… Le dos n’a pas malheureusement pas été conservé par le relieur (petite lubie pourtant si appréciée des amateurs de livres modernes !).
Ce petit ouvrage, modeste et raffiné à la fois, nous semble réunir bien des qualités qui font, d’un simple joli petit livre, un véritable objet bibliophile, un unique parmi les multiples : tirage sur grand papier restreint, reliure de bonne facture, envoi autographe signé, ex libris… Aucun exemplaire sur Alfa (curieusement écrit “Alpha” sur le quatrième de couverture !), a fortiori correctement relié, ne semble disponible sur le marché aujourd’hui…



Petite anecdote, le trait de Jean Bruller semblant à l’époque bien (trop) proche de celui de Gus Bofa, ce dernier lui chercha noise après la publication de ce petit volume, l’accusant de plagiat… Querelle entre illustrateurs restée lettre morte, faute de documentation… 

Un fonds Vercors existe aujourd’hui à la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet ; ces archives étant un des rares témoignages de l’activité picturale de celui qui est avant tout connu pour son mythique “Silence de la Mer”… 
A bientôt pour évoquer un autre atypique de ma bibliothèque !
• Si vous désirez approfondir vos connaissances sur l’oeuvre picturale de Jean Bruller, vous pouvez utilement consulter le travail de Madame Nathalie Gibert-Joly, qui a livré un article très documenté sur le travail d’illustrateur de Jean Bruller, article disponible en ligne ici : https://strenae.revues.org/493 ; avec sa permission !
U.H.D.B.

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